Si Sarkozy est américain, l’Allemagne ne l’est plus
Alors que la très populaire et pro-européenne Angela Merkel n’en finit plus de rompre avec la tradition atlantiste allemande, Nicolas Sarkozy, lui, séduit les Etats-Unis. « Nous vous avons tellement rêvé », disait-il à New-York lors de sa dernière visite. Avide de culture américaine, sa passion pour les Etats-Unis dépasse tout ce que l’histoire française a connu. L’Allemagne et la France auraient-elles échangé les rôles ?
En politique, les symboles ont un sens. Réintégrer le commandement intégré de l’OTAN est un choix stratégique qui « tourne le dos à 40 ans d’histoire et renvoie le gaullisme au musée de lubies françaises » disait Pierre Haski, auteur de « L’atlantisme illusoire de Nicolas Sarkozy ».
Mais Justin Vaïsse - auteur de « Sarkozy, le gaulliste décomplexé » - de rappeler : « Pour Sarkozy, les Etats-nations sont les unités de base du système international, la force militaire est à la racine de la souveraineté. Il est fondamentalement dirigiste et défend les champions nationaux tout en vitupérant contre le dollar. Surtout, il est volontariste et pragmatique. Exactement comme De Gaulle ».
Lorsqu’il lance « Certains en France m’appellent Sarkozy l’Américain et j’en suis fier ! » fait-il allusion à ses lunettes de soleil ? Ou s’inscrirait-il définitivement à l’encontre de la tradition française ? Force est de constater que la conjoncture risquerait de le limiter.
En ces temps de crise financière et alors que George W. Bush a réaffirmé sa confiance dans le libéralisme, le président français tient des propos dignes de la gauche. Hugo Chavez a même officiellement admis Nicolas Sarkozy au club des dirigeants socialistes le 25 octobre dernier ! On peut être socialiste et adorer Disneyland…
Si Sarkozy est américain, l’Allemagne, elle, ne l’est plus . Le mariage a pris l’eau dès 2001, avec l’arrivée de Georges W. Bush au pouvoir et les attentats du 11 septembre.
Alors que les Etats-Unis lançaient leur croisade contre l’axe du mal, le pays d’Angela Merkel –reconstruit après-guerre sur les bases du contrat social et contre l’idée de puissance – a pour la première fois exprimé son désaccord profond au cousin Yankee.
En février 2003, le magazine Stern titrait « Aufstand gegen Amerika, David Schröder gegen Goliath Bush. » Et Schröder de déclarer qu’il n’imaginait pas « l’Amérique éclipser le modèle social allemand, européen, qui lui était au contraire supérieur. »
Selon Stephan Martens, chercheur associé au Comité d'études des relations franco-allemandes, « La voie allemande, c’est finalement l’accomplissement tant attendu de l’affranchissement de la tutelle étrangère, maintenant que la nation allemande est enfin réunie, libérée de l’Union Soviétique… et des Etats-Unis. »
Si les deux dirigeants défendent les intérêts d’une Union Européenne forte et capable d’influencer le cours des choses sur le plan international, force est de constater que « Merkel l’européenne » doit travailler avec un président français au look…américain.
Elisa Meynier
1- La chancelière allemande serait la préférée des Français à 84%. Les Allemands la plébiscitent à 76% alors que Sarkozy ne reçoit que 45% d’opinions favorables. Que ce soit en Espagne (51%), Angleterre (53%) ou même en Russie (49%), elle serait la dirigeante préférée d’Europe. Enquête américaine révélée le 23 octobre 2008 par le PewResearchCenter.
2- « Tu es en train de te rapprocher du socialisme, bienvenue au club ! »
3- L’Allemagne n’est plus américaine, Stephan Martens, La fin de l’occident, n°5, 2003/2004
Lire également sur ce sujet >> "Nouvelle ambassade sous haute sécurité" et >> "Les "Amis" à nouveau amis?"
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Tant mieux si l ´Allemagne n ´est plus américaine.
Je dois dire que l ´élection d ´Obama rend l ´Amérique moins vulgaire.
Sarko a quelque chose de vulgaire, un comportement primitif. C ´est la première fois en France que l ´on voit un Président traiter quelqu´un de pauvre con. Insulté, le général de Gaulle fut passé la tête haute, et ni Pompidou, ni Giscard, ni Mitterand, ni Chirac ne se seraient comportés comme des voyous.