Comme chaque année, le magazine économique allemand €uro publie son classement des 500 plus grandes entreprises du monde. Critère choisi : la capitalisation boursière. On retrouve ainsi sans surprise quatre géants des hydrocarbures aux sept premiers rangs. Et pas moins de 198 firmes américaines sur l’ensemble du classement. Résultat qui serait sensiblement identique, en prenant le chiffre d’affaires comme critère de sélection. Preuve que le capitalisme à l’américaine est définitivement le modèle de gérance mondial. Seule l’Allemagne fait de la résistance, avec E.ON, 62e et premier Allemand. Bayer, BMW, VW ou Metro sont au-delà de la 200e place. Et si l’on pouvait s’attendre à voir le chouchou mondial de la Bourse, Microsoft, dans le Top 5, on peut être surpris de le retrouver derrière Gazprom, contrôlé par l’Etat russe, peu connu pour le respect des actionnaires privés. Quand le gaz vaut de l’or, il fait tourner les têtes. On peut toutefois s’interroger sur le bien-fondé de ce classement. Le cours des actions devient le critère numéro 1 dans la gestion des entreprises, imposant une vision financière à court terme coupée de plus en plus de toute logique de production. Les économistes tirent la sonnette d’alarme, mais rien n’y fait. Pendant ce temps, les stocks-options grimpent.