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Chateau de Neuschwanstein, Bavière


Les élections du 28 septembre marquent un recul historique des conservateurs de l’Union chrétienne et sociale (CSU) en Bavière, une perte d’influence inédite qui inquiète de Munich à Berlin.

 

Après 46 ans de règne sans partage, le parti frère de l’Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) de la chancelière Angela Merkel devra donc travailler en coalition. Il n’obtient que 87 sièges au parlement régional, contre 124 en 2003. Une révolution pour cette (grande) partie de l’Allemagne jusqu’ici très conservatrice. Ces quarante dernières années, la CSU n’a cessé d’être plébiscitée, jusqu’à son apogée en 2003 (60,7% des voix). La chute est donc d’autant plus spectaculaire. La secrétaire générale du parti, Christine Haderthauer, a d’ailleurs déclaré que "[Ce dimanche] est un jour noir pour la CSU, nous avons clairement raté notre cible".

Les électeurs bavarois ont exprimé par leur vote un avertissement très clair : ils ont voulu sanctionner les dirigeants de leur parti, reprochant notamment à la CSU de ne pas défendre suffisamment les couleurs de leur Land. Selon un sondage Dimap pour l’ARD, 80% des Bavarois reprochent aux responsables une mauvaise gestion du parti. Ils sont 74% à déplorer une faible influence sur Berlin et 69% à critiquer l’éloignement du parti des préoccupations de son électorat. Alors qu’ils étaient à 80% satisfaits de l’ancien dirigeant Edmund Stoiber, ils ne sont plus que 33% à accorder leur confiance aux dirigeants actuels Günter Beckstein et Erwin Huber.

 

Il s’agit donc plus d’une sanction-avertissement que d’une rupture idéologique de l’électorat.

Pour preuve, les Bavarois n’ont pas été tendres non plus avec l’autre grande formation politique du pays. L’opposition sociale-démocrate (SPD) a réalisé, elle aussi, son « plus bas » historique avec seulement 18,6% des voix.

 

Mais la journée n’a pas été noire pour tout le monde. Dans ce changement de paysage parlementaire, des partis ont émergé comme le Parti libéral et démocrate (FDP), les Verts et les « sans étiquette ». Le FDP a ainsi réalisé 8 % des suffrages, obtenant 17 sièges. Les « sans étiquette » ont obtenu 10 % des voix (20 sièges), et les Verts 9%, soit 18 siège. La responsable de ces derniers, Margarete Bause, a estimé quant à elle qu’il s’agissait « [d’] un jour noir pour la CSU et [d’] une bonne journée pour la Bavière ». Son parti passe ainsi de 7,7% à 9% des suffrages en cinq ans.

 

Tout reste donc en suspens dans le plus riche Land d’Allemagne qui ne connaît que 4% de taux de chômage et abrite un tiers des entreprises du Dax. La logique voudrait que la CSU se tourne vers les libéraux du FDP, qui pourraient ainsi revenir au gouvernement de Bavière après 14 ans d'absence.

 

Ce revirement historique risque d’avoir des conséquences nationales et d’handicaper lourdement la coalition d’Angela Merkel. La Bavière est un réservoir de voix très important pour les conservateurs au niveau fédéral : en 2005, lors du dernier scrutin législatif, le Land du sud avait permis à la CDU/CSU de passer tout juste devant les sociaux démocrates avec 35,2% des voix. Sans les voix bavaroises, la CDU n’aurait atteint que 27,8% des suffrages.

La chancelière n’avait pas besoin de cela. Son adversaire désigné pour les prochaines législatives en septembre 2009, le ministre des Affaires Etrangères Frank-Walter Steinmeier, bénéficiant déjà d’une excellente cote de popularité dans tout le pays.

 

 

Elisa Meynier

 

Le 6-10-2008

 








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