C’est la quatrième génération de féministes qui se met en scène ici, sous les traits de Marion, son personnage principal. Et « se mettre en scène » est bien le terme pour Marion : d’abord tous les matins en se « fabriquant » en tant que femme, en (ré)inventant en quelque sorte la féminité absolue - et puis la nuit en faisant des spectacles de striptease burlesques. Se mettre en scène aussi à Paris ou à San Francisco, avec des filles ou des trans, des ami-e-s ou des amant-e-s. Cette œuvre, entre roman, récit et manifeste, trouble un peu plus la dichotomie masculin-féminin déjà mise à mal par Judith Butler, et décortique la culture « queer » avec humour et intelligence. Et pris dans le style attachant et jamais pédant de Wendy Delorme, on rit, on pleure et on apprend. Trois en un : mieux qu’un Kinder Surprise !