

Spielzeit’europa : le meilleur du théâtre européen
Spielzeit’europa est de retour sur la scène berlinoise et c’est sous un titre très évocateur : « La FIN – UN DEBUT » que démarrera, le 23 octobre, sa 5ème saison. Cette année le festival se plonge dans les profondeurs de l’existence humaine et rend hommage aux capacités de chacun à trouver, malgré les blessures, les ressources nécessaires au recommencement. C’est autour de l’idée de cette énergie sans cesse renouvelée, que les artistes trouvent l’inspiration leur permettant de créer. Retour, donc, sur une scène qui accueille les meilleures productions européennes du moment.
L’ouverture du festival se fait avec la création « Baril de poudre », du macédonien Dejan Dukoski, une icône dans les pays de l’ex-Yougoslavie qui fut l’un des premiers à inventer en Europe le mouvement théâtral avec son « in-yer-face » (« in your face » littéralement « dans ta gueule »). Un théâtre expérimental, agressif et provocateur, qui envahit l’espace du spectateur dans le but de l’impliquer émotionnellement. Et de poursuivre avec le nouveau spectacle de la troupe française Royal de Luxe, « La révolte des Mannequins », présenté dans les vitrines de KaDeWe. La troupe occupe depuis trente ans les espaces publics avec des mises en scène spectaculaires. Le plus grand des magasins berlinois prête ses vitrines et pendant 10 jours, elles seront le lieu où se raconteront des histoires simples d’amour, de haine, de jalousie, de revanches. Des histoires humaines, de la vie de tous les jours, personnalisées par des mannequins plus vrais que nature, pour nous parler de nous avec sourire, tendresse et émotion.
La dernière production de Heiner Goebbels « I went to the house but did not enter » est un vrai plaisir des yeux et des oreilles. Un spectacle étonnant, très représentatif du travail de l’artiste qui aime tisser des liens entre la musique et la scène. Un artiste original, qui utilise des techniques sophistiquées qu’il met au service de son imaginaire. Les œuvres de Goebbels échappent au désir d’une banale classification tant elles sont vivantes et changeantes. Et enfin – en passant d’abord, entre autre, par « The Bull » une dance théâtrale sensationnelle, de l’irlandais Michael Keegan-Dolan, ou encore par la dernière production de Sidi Larbi Cherkaoui « Sutra », un mixe entre théâtre et art martial inspiré par la force et la spiritualité des moines bouddhistes Shaolin – le festival fermera ses portes sur la somptueuse tragédie de William Shakespeare « Le roi Lear » mise en scène par Luc Bondy.
En tout et pour tout, neuf productions permettant de réaffirmer que même si l’art n’est que la représentation subjective de la vision du monde d’un artiste, il n’en est pas moins prétexte à une mise en scène des détails, drôles ou douloureux, de notre vie en nous permettant de les observer à la loupe. Et c’est bien ce que cherche à mettre en avant, cette incroyable programmation du Spielzeit’europa 2008. Avec réalisme et sans prétention.
Festival Spielzeit’europa, d’octobre 2008 à janvier 2009, Haus der Berliner Festspiele, Schaperstr. 24
Programme sur le site www.berlinerfestspiele.de
Letizia Mariotti
Le 6-10-2008