

Les lecteurs « franco-allemands » passés à la loupe.
L’ensemble de l’édition internationale va, comme chaque automne, se retrouver à Francfort, pour la Foire du Livre du 15 au 19 octobre. Plus de 150 000 professionnels venus de 110 pays vont humer les nouvelles tendances et surtout effectuer acquisitions et cessions de droits en vue de constituer les étalages des librairies de demain. Et avec plus de 130 maisons d’éditions, la France est l’un des dix pays les mieux représentés cette année. Mais, si le salon n’est pas principalement destiné au public, il n’en demeure pas moins que les lecteurs sont dans la ligne de mire des tractations entre professionnels. Toujours plus nombreux, ces lecteurs sont-ils les mêmes des deux côtés du Rhin ?
Les lecteurs français et allemands participent à l’essor constant de la première industrie culturelle de leur pays en achetant toujours plus de livres. En 2007, en France, se sont vendus 486,6 millions d’ouvrages qui ont généré pour les éditeurs un chiffre d’affaires supérieur à 2,8 milliards d’euros. Mais l’Allemagne n’est pas en reste : le marché du livre a rapporté, pour cette même année, près de 10 milliards d’euros. Un écart qui témoigne d’une différence de mentalité commerciale : sur les 51% des Français qui ont acheté un livre au cours de l’année 2006, un quart de leurs achats a été effectué en librairie et 6,8% sur internet, alors que les Allemands semblent être plus intéressés par le contact avec le produit. En effet, sur les 55% qui ont acquis au moins un livre au cours de l’année, 53% des ventes se sont effectuées en librairie et 13% sur internet.
Mais qui dit acheter ne dit pas forcément lire car il s’avère que 2% des acheteurs allemands n’ouvrent pas leurs livres ! De plus, carton rouge aux français, car en 2005 seul 79% de la population parlant la langue de Molière avouait avoir lu au moins un livre, contre 91% pour le pays de Goethe ! Avec un bon point pour les femmes qui se révèlent être les plus grandes lectrices.
Sur le marché de la traduction – enjeux majeurs du salon de Francfort à travers les cessions de droits – les Anglais entrent dans la bataille et sont même des adversaires de poids. En 2007, sur environ 6 000 nouveautés traduites en Allemagne, 67% des ouvrages étaient anglophones et 10% francophones. Alors qu’en France, pour cette même année, les œuvres allemandes traduites représentaient juste 7,1% du marché, preuve de l’intérêt malheureusement minime qu’accordent les Français à la littérature germanique et ce malgré une production bien plus importante.
Foire du livre de Francfort du 15 au 19 octobre 2008
David Even
Le 6-10-2008