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 La cérémonie d'ouverture. Photo: Chris Greenberg pour la Maison Blanche
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Les Jeux Olympiques à Pékin ? Il n’y a pas eu d’attribution plus contestée depuis les JO de Moscou en 1980. Dans toute l’Europe, manifestations, pétitions et critiques ont émaillé ces derniers mois. Et l’Allemagne, n’y a pas échappé.
7,7 millions de téléspectateurs. La retransmission de la cérémonie d’ouverture sur ARD n’a pas démérité. Avec une part de marché de 52,3%, c’est même un très bon score. Pourtant, c’est en dessous de celui des JO d’Athènes en 2004, tout en restant meilleur que celui de Sydney, en 2000. Difficile de savoir si cette baisse est un signe de protestation des Allemands ou simplement due aux horaires de diffusion. Un matin cette année, contre l’après-midi il y a quatre ans.
Cette cérémonie a pourtant du laisser un relent désagréable à de nombreux Allemands, tant certaines images faisaient penser à Berlin 1936. A ces images en noir et blanc du triomphe de la Volonté de Leni Riefenstahl. Simplement, à Pékin les athlètes étaient remplacés par des soldats chinois, avec un drapeau rouge en guise de flamme olympique.
Les Allemands partagés
Un sondage Infratest Dimap publié début août par Die Welt Online et ARD indique ainsi que 56% des Allemands pensent que donner les Jeux à Pékin était une erreur. Mais ils sont en même temps 53% à penser que les JO vont contribuer à l’amélioration de la situation des droits de l’Homme dans le pays. Difficile d’en tirer une tendance. Surtout quand 71% d’entre eux attendent des athlètes allemands qu’ils se concentrent sur le sport plutôt que d’exprimer leur point de vue.
A l’opposé de ce que certains ont pu faire ces dernières semaines. C’est une ONG allemande, Sport for Peace, qui est ainsi à l’origine de la lettre d’une centaine d’athlètes internationaux, dont au moins cinq Allemands, parue début août pour demander à Hu Jintao de protéger la liberté d'expression et d’abolir la peine de mort.
Mais ce sont surtout deux escrimeuses qu’on a beaucoup vu dans les médias allemands. Deux escrimeuses à l’avis complètement opposé. Imke Duplizer, écrit des articles pour la TAZ*, et a boycotté la cérémonie d’ouverture. En revanche, Britta Heidemann étudie le chinois et pense que le boycott ne sert que les dirigeants chinois les plus durs. Elle est à ce titre très appréciée par les médias et les sponsors chinois. Deux escrimeuses totalement opposées qui ont peut-être justement permis aux Allemands de se faire une opinion.
Les politiques ont choisi leur camp
Le SPIEGEL revient cette semaine sur ces Jeux Olympiques tellement politiques. Dans un long article cosigné par six rédacteurs, il reproche aux athlètes qui ont critiqué Pékin d’avoir surtout « gagné quelques points sur l’échelle de la célébrité ». Il désapprouve également Angela Merkel et le gouvernement allemand pour leur boycott de la cérémonie d’ouverture. Un boycott qui aurait vexé inutilement les autorités chinoises.

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 Manifestation devant l'ambassade de Chine à Berlin. Au premier plan: Tsewang norbu, fondateur de Tibet Initiative. Photo: Bernd vdB
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Officiellement, Angela Merkel ne pouvait se rendre à Pékin pour « des raisons d’emploi du temps ». Mais le 8 août, elle partait en vacances dans le Haut Adige (Südtirol). Hans-Gert Pöttering, le président allemand du Parlement Européen, ne s’est lui pas encombré de ces précautions. Le 2 août, il a appelé les sportifs à protester contre les atteintes aux droits de l`Homme au Tibet. Finalement, un représentant allemand doit quand même se rendre à Pékin au cours de la deuxième semaine des Jeux. Ce sera Frank-Walter Steinmeier, le ministre des affaires étrangères. Mais le résultat est là : le 8 août, il n’a y avait aucun officiel allemand dans le stade de Pékin.
Un résultat qui aura vraisemblablement satisfait de nombreuses ONG allemandes. Devant l’ambassade de Chine à Berlin, ils n’étaient pourtant qu’une centaine à protester la veille de la cérémonie d’ouverture. Difficile donc d’affirmer que les Allemands se soient vraiment opposés au choix de Pékin. Au bout d’une semaine de JO, le sport semble même avoir repris le dessus sur toutes les contestations. Le décompte des médailles nationales devient plus important que celui des manifestants.
Jean-Baptiste Chastand 15/08/08
* Die Tageszeitung, quotidien berlinois de gauche
resultats entre 1 et 4 de 4
J'ai vu des athlètes s'engager clairement dans un numéro spécial de la Süddeutsche Zeitung en posant avec les photos de détenus politiques devant leurs visages.
Y'a-t-il eu une démarche semblable en France ? Il me semble qu'aucun athlète n'a souhaité élever la voix durant cet événement sportif... en prenant bien soin de ne pas mélanger sport et politique.
Bonjour,
l'objectif de cet article est en effet d'apporter une analyse de l'opinion allemande sur les JO de Pékin. Ce n'est donc pas un éditorial.
Nous pensons que la Gazette apporte bien plus en traitant ce type de sujet qu'en s'engageant pour ou contre les JO de Pékin, ce qui ne changerait pas grand chose à la situation des droits de l'Homme sur le terrain.
Merci pour vos commentaires.
bien vrai!
1 journal comme le votre devrait l'affirmer courageusement et bien clairement plutôt que de se contenter d'analyses prudentes et tiède
"la liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas"
C'est la honte ces jeux à dictaturland!
depuis 36 rien n'a changé dans la veulerie et la lâcheté des démocraties!