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 Carmen, aguichant les soldats de la Guardia Civil
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La Gazette a assisté, mardi 30 juillet, à la première représentation de Carmen Flamenco à la Komische Oper de Berlin. Le Ballet Teatro Español, qui interprète cet opéra atypique, teinté de flamenco, est en tournée en Allemagne jusqu’à la fin du mois.

La coquetterie à l’espagnole était de mise, mardi dernier, à l’occasion de la première représentation de Carmen Flamenco à la Komische Oper, inaugurant la pause d'été de l'opéra berlinois. Dentelles pour les dames, costumes pour les messieurs, les aficionados d'opéra semblaient s'être passés le mot pour prendre des allures de foule hispanique. Carmen en version flamenco, basée sur la nouvelle de Prosper Mérimée et sur l'opéra de Georges Bizet, y était interprétée jusqu'au 3 août par le Ballet Teatro Español, en tournée en Allemagne jusqu'à la fin du mois. La compagnie de danse madrilène, habituée des plus grands théâtres allemands depuis sa création en 1960, a présenté l'oeuvre de son chorégraphe, Rafael Aguilar, disparu en 1995. La Carmen d'Aguilar, interprétée par Carmen Angúlo, est fatale, l'« incarnation même de la femme diabolique, défiant tous les préceptes sociaux et pour laquelle seuls ses désirs ont force de loi », selon les propos du chorégraphe lui-même.
Une référence contemporaine
Le rideau se lève, et, d'entre les gitanes aux robes chatoyantes parsemées de tissus asymétriques, apparaît Carmen, tout de rouge vêtue, les yeux immenses réhaussés de noir, et le menton insolent. L'anesthésie est totale et la fascination atteint des sommets lorsque les talons de Carmen raisonnent, rageurs, tantôt sur fond de musique classique, issue de l´opéra de Bizet, tantôt au son des chants, guitares et palmas flamencas des musiciens sur scène. Véritable mélange musical, l'oeuvre d'Aguilar surprend. Plus encore, l'innovation chorégraphique bouleverse et renouvelle les codes de l'opéra. Ballet classique, flamenco et soupçons de bolero se mêlent, hissant Carmen Flamenco au rang de référence de la danse contemporaine espagnole. Aux pointes des danseurs classiques, castagnettes entre les mains, se succèdent les talons et muñecas de Manolita, l'imposante rivale de Carmen, interprétée par Rosa Jiménez. Cheveux noir ébène, regard de braise et rage au ventre, sa fureur peut déranger le spectateur adepte de la douceur du ballet classique. La passion que déverse Manolita sur scène envoûte. García, le mari de Carmen, magistralement personnifié par Miguel Cañas, invité de la compagnie, dégage une force époustouflante. Le flamenco domine et révèle la puissance dramatique du personnage. Lorsque Don José, incarné par Francisco Guerrero, et Carmen se retrouvent seuls sur scène, ils forment un duo torride, dont l'érotisme exacerbé peut mettre mal à l'aise. La musique est en suspens. Seul le souffle des acteurs et du public se fait entendre. Une tension sexuelle emplit la salle. Relayée par un clin d'oeil humoristique, quand un danseur classique, vêtu d'une robe identique à celle de Carmen, en représente la part masculine.

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 Carmen, portée par la troupe lors du fin de fiesta
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Retour en Allemagne
Le final est tout autant chargé en émotion, quand Don José poignarde Carmen, le regard fou. Au delà d'une prouesse technique, les danseurs livrent ici une véritable prestation d'acteurs. N'échappant pas à la tradition flamenca, la pièce s'achève sur un fin de fiesta. Sous les applaudissements du public conquis, danseurs et musiciens, exécutent une dernière danse, tout sourire. Le tragique de la fin s'évacue, la salle se vide. Chacun repart, illuminé. L'enthousiasme ambiant aurait pu faire croire à une Première...Le spectacle a pourtant été créé en 1992, et depuis n'a pas cessé d'être joué dans nombre de théâtres internationaux, tel que le mythique Bolshoi de Moscou. Dès 2001, il a rencontré un succès florissant en Allemagne, où il est loin d'être à son premier passage. « Le public allemand est aujourd'hui prêt à voir et entendre du flamenco », explique Carmen Salinas, directrice du Ballet depuis le décès de Rafael Aguilar. « Le public sait apprécier l'oeuvre, reconnaît les moments qui requièrent un applaudissement et on entend même un « olé » de temps en temps ». Après Dortmund et Berlin, le Ballet Teatro Espagnol de Rafael Aguilar se produira à l'Alte Oper de Francfort sur le Main du 12 au 17 août prochain. Pour les aficionados qui n'auraient pas eu leur compte de flamenco s'ouvre le Flamenco Festival de Berlin, du 8 au 16 août prochain, promettant rage et passion à la hauteur de la plus fougueuse des Carmen...
Luce Perez – le 5 août 2008
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J'aimerais trouver le DVD de ce spectacle. Chez qui je peux le commander?
Merci beaucoup