

ANNULATION DU DEBAT SUR L´EDUCATIONLa rencontre débat autour de l´éducation prévue le 22 octobre et animée par Pascal Thibaut de RFI ne sera finalement pas ouverte au public contrairement à ce qui a été annoncé dans le numéro 33. Merci de prendre en compte cette modification. 
Revue de presse du 8 septembre 2008Revue de presse du 8 septembre 2008
Le SPD : entre crise et sursaut
Alors qu'en France, la presse ne peut que constater les déboires du parti socialiste, les changements brutaux que connaît le SPD font la Une des journaux allemands ce matin. « Le Pustsch » titre le Süddeutsche Zeitung pour évoquer la prise de pouvoir des pro-Schröder ce week-end après la démission surprise de Kurt Beck qui dirigeait le parti jusqu'alors. Franz Müntefering, (ministre des Transports puis chef du SPD sous Schröder, vice chancelier et ministre du travail sous Merkel) devient en effet le nouveau chef du parti tandis Frank-Walter Steinmeier (chef de la chancellerie fédérale de 99 à 2005 sous Gerhard Schröder, puis ministre des affaires étrangères sous Merkel) a été officiellement nommé candidat à la chancellerie pour 2009. Le tout en l'espace d'un week end mouvementé.
Le démissionnaire Kurt Beck a expliqué sa décision au Frankfurter Allgemein : il se retire car « il ne dispose plus de l'autorité nécessaire pour diriger le parti ». Il a également déclaré qu'il n'avait plus la force ni « l'envie » de faire face aux « intrigues » dirigées contre lui et lancées de l'intérieur du parti. En quittant ses fonctions il a souhaité le succès du SPD, notamment pour les prochaines échéances électorales.
Car dans cette ambiance délétère, c'est bien sur l'avenir du SPD que s'interrogent les quotidiens allemands. Pour Christian Bommarius, dans la page Opinions du Berliner Zeitung, Beck s'en va, mais la crise structurelle « la plus profonde qu'ait connu un parti allemand dans l'histoire de l'après guerre » est loin d'être terminée. Le fait que M.Müntefering revienne à la tête d'un parti qu'il a déjà dirigé entre 2004 et 2005 révèle l'incapacité du SPD à sortir de l'ère Schröder.
« Un bon jour pour le SPD » juge pourtant Andrea Seibel dans Die Welt. La journaliste salue la porte ouverte à la reconquête du centre à travers le choix de deux anciens proches de M.Schröder, issus de l'aile droite du parti. Le départ de M.Beck révèlerait que sa stratégie d'alliance avec die Linke et la gauche n'avait pas lieu d'être. Même écho dans le Tageszeitung qui salue le retour des réformistes à la tête du SPD. M.Steinmeier et M.Müntefering ne pourront pas être taxés de pactiser avec les Linke d'Oskar Lafontaine. Ils sortiront également de la position ambigüe d'un SPD qui ne cessait de contester l'héritage de M.Schröder.
Pourtant, tant dans la forme que dans le fond, le retour des pro-Schröderiens et la nomination de M.Steinmeier ne font pas l'unanimité. « Un pas en avant. Un pas en arrière » titre le Frankfurter Rundschau. « Le parti a un candidat qui ne peut pas devenir chancelier » y écrit tout simplement l'éditorialiste Uwe Vorkötter. Pour lui, M.Steinmeier « ne représente pas le futur du SPD, il ne représente même plus du tout le parti ». D'ailleurs si il le représentait, pourquoi Steinmeier n'a t'il pas également pris la tête du parti ? Car M.Steinmeier reste le tenant du SPD à la Schröder et le bâtisseur de l'agenda 2010 (ensemble de mesures lancées par la coalition SPD-Vert de Schröder entre 2003 et 2005) qui a échoué. Avec un tel passé, et alors que le SPD sous la direction de Beck s'est tourné vers la gauche. Frank-Walter Steinmeier est dans l'impasse. « Si il se tourne vers la gauche, il perd sa crédibilité. Si il revient au centre, le SPD perd son âme ». Le futur du SPD se fera sans M.Steinmeier, sans M.Müntefering, mais peut être avec Klaus Wowereit, le maire de Berlin.
La controverse fait donc rage. Pendant ce temps, le Parti socialiste français ne semble pas en mesure de se trouver un chef et de choisir ses futurs alliés. Décidément la gauche européenne paraît traverser une véritable crise identitaire.
Adrien de Calan
Volker Ratzmann retire sa candidature à la présidence des Verts pour se consacrer à sa famille
Après avoir posé en juin sa candidature à la présidence des Verts, Volker Ratzmann, le chef de la fraction des verts à la chambre des députés de Berlin, vient d’annoncer son retrait. C’est le Spiegel Online qui, suite à la conférence de presse de M. Ratzmann, annonce le premier la raison de cette décision : ce politicien de 48 ans est père pour la première fois.
Suite à cette annonce on découvre aujourd’hui dans le Tagespiegel un zoom sur la conciliation famille-travail. Le journal s’appuie sur un sondage de l’Institut Allensbach paru hier et introduit son propos en affirmant que « les gens de ce pays pensent qu’il y a encore beaucoup à faire pour la ministre de la famille Ursula von der Leyen ». Un autre article du même quotidien donne la parole à Dagmar Rosenfeld qui fait remarquer qu’il est intéressant que le sondage paraisse au moment où Volker Razmann rend publique sa décision de renoncer à sa candidature à la présidence. Elle juge d’ailleurs cette décision dangereuse puisque selon elle, M. Razmann se soumet ainsi volontairement « à la contrainte dont nos mères se sont dégagées ». En effet, c’est officiellement pour s’occuper de son enfant et laisser ainsi à sa compagne la possibilité de consacrer du temps à sa propre carrière politique que M. Ratzmann a préféré se retirer. Les rôles semblent alors effectivement s’inverser sans qu’au fond la situation elle-même soit différente : concilier famille et travail n’est vraiment possible que pour l’un des membres du couple. Mme Rosenfeld souligne cependant qu’une telle avancée est révélatrice d’une évolution certaine dans les mœurs et qu’elle n’est pas négligeable même s’il ne s’agit pas d’une solution viable.
Sur cette question de la possibilité de mener de front carrière professionnelle et familiale, le Tageszeitung répond en citant nombre d’exemples de femmes politiques d’Outre-Manche qui réussissent très bien tout en ayant une famille à côté. Il illustre ainsi le résultat du sondage sur lequel s’appuie le Tagesspiegel lequel explique que 64% des femmes allemandes qui travaillent estiment qu’il y a de meilleures solutions dans les autres pays pour pouvoir concilier travail et famille.
Le Frankfurter Allgemeine titre pour sa part en affirmant que M. Razmann laisse ainsi la présidence à M. Özdemir, actuellement député européen. Le journal explique en effet qu’il « n’y avait pas de successeur désigné pour ce poste, plutôt des candidats potentiels » dont MM. Ratzmann et Özdemir. Il apparaît cependant maintenant plus que probable que M. Özdemir soit choisi pour diriger le parti aux côtés de Claudia Roth et pour « mener les Verts dans les campagnes électorales des années à venir ». M. Özdemir qui, d’après le Frankfurter Rundschau, « s’était tout d’abord abstenu pour les mêmes raisons en automne dernier, lorsqu’on cherchait un successeur à Reinhard Bütikofer ». Le Süddeutsch Zeitung affirme que maintenant, bien que d’autres candidatures soient en théorie possibles, elles apparaissent cependant « peu vraisemblables ». D’ailleurs, M. Razmann s’est lui-même engagé à soutenir son ex-adversaire. Le quotidien souligne également que les Verts manquent ainsi un rendez-vous historique : « pour la première fois au congrès du parti en novembre il y aurait du y avoir un duel pour la présidence fédérale du parti, habituellement peu recherchée».
Le journal évoque aussi les rumeurs selon lesquelles la décision de M. Razmann aurait plus à voir avec ses faibles chances de l’emporter qu’avec sa vie de famille. Le Tageszeitung s’oppose de façon virulente à ces rumeurs et s’interroge : « pourquoi donc ne peut-on pas croire à ce désir de l’homme de vouloir rester à la maison » ? Il se félicite au contraire que « maintenant un homme politique s’oppose à cette représentation de la masculinité » qui affirme que la seule raison pour qu’un homme veuille passer plus de temps auprès de sa famille est qu’il pense ne pas avoir d’avenir professionnel. Et même s’il n’est pas invraisemblable que le motif familial ne soit pas la seule raison de ce retrait, ce n’est pas pour autant qu’il doit être remis en cause. Le journal juge que M. Ratzmann reste « courageux » de soutenir ce vieux « slogan féministe : les hommes au foyer, qui n’a jamais été considéré particulièrement sexy chez les hommes ».
Le Frankfurter Rundschau rappelle que M. Özdemir semblait avoir une bonne longueur d’avance mais affirme que les dés n’étaient pourtant pas jetés. Ceci dit, suite aux récents évènements, on peut sans doute affirmer maintenant que le résultat du congrès du 14 novembre ne devrait surprendre personne.
Léa Labbé - 5 septembre 2008 
L'ouragan Gustav aux Etats Unis- le rachat contesté de la Dresdner Bank. Revue de presse du 01.09.2008
L'ouragan Gustav et ses conséquences politiques
« Comme s'il n'y avait pas de lendemain » (Süddeutsche Zeitung), « La Nouvelle-Orléans se transforme en ville fantôme » (Tagesspiegel), les journaux allemands multiplient les articles aux titres évocateurs, pour raconter la fuite des habitants de La Nouvelle-Orléans face à l'arrivée imminente de l'ouragan Gustav. L'image d'une ville de plus d'un million d'habitants qui se vide peu à peu a en effet de quoi surprendre.
C'est que le souvenir de la mauvaise gestion de l'ouragan Katrina par l'administration Bush est dans toutes les têtes et pousse à un maximum de précaution. Le Spiegel Online souligne l'importance politique que prend la catastrophe à l'aube de l'ouverture de la Convention Républicaine. Comme l'explique Gregor Peter Schmitz, envoyé spécial à la Convention, la réputation de John McCain et de son parti dépend de la réponse que le gouvernement républicain va cette fois-ci apporter à la catastrophe. John McCain peut certes tenter d'affirmer sa solidarité et sa volonté de résoudre la crise, mais il restera in fine associé à une gestion qui ne dépend pas de lui. Le Frankfurter Allgemeine rapporte quant à lui les propos d'un candidat Obama aux aguets : « Espérons que le gouvernement de Washington ne reproduira pas les erreurs du passé » a-t-il déclaré.
La Commerzbank reprend la Dresdner Bank
Du côté de l'actualité allemande, c'est surtout l'acquisition de la Dresdner Bank par la Commerzbank qui intéresse la presse. « Une deuxième banque digne de ce nom » souligne le Frankfurter Runschau, en expliquant à quel point l'apparition d'un concurrent sérieux à la Deutschbank, pour la première depuis les années 90, va permettre de renforcer le marché intérieur et la place de Francfort, jusqu'ici menacée d'effacement. L'association des deux banques leur permet d'acquérir la neuvième place en Europe. Coût de l'opération : 9,8 milliards d'euros. Mais également 10000 suppressions de postes à la Dredsner Bank, comme le note die Welt. Les représentants du personnel avaient voté contre la fusion. Ils privilégiaient le rachat de leur entreprise par une banque chinoise, la CMB.
La Frankfurter Allgemeine déplore également cette solution alors que le candidat chinois offrait davantage d'argent et moins de suppressions de postes, mais refusait de respecter strictement le plan de rachat proposé. Le journal reprend en Une une phrase de Lao-Tseu, « Riche est celui qui sait qu'il a suffisamment ». A méditer.
Adrien de Calan

Répondre à Moscou (Revue de presse du 27.08.08)L'ensemble des journaux allemands s'interrogent sur la réponse à donner à la politique de la Russie dans le conflit au Causase, après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, les deux régions séparatistes de la Géorgie.
Frank-Walter Steinmeier, le ministre des affaires étrangères (SPD) a, à la suite d'Angela Merkel, fermement condamné la décision russe de reconnaître les deux Etats, qu'il a jugée « regrettable et inacceptable » dans une interview au Süddeutsche Zeitung. Dans le Bild d'hier, il avait déjà manifesté son inquiétude : « si nous n'y prenons pas garde, c'est l'ensemble de la sécurité en Europe qui peut être ébranlée, avec des conséquences incalculables pour nous tous » avait-il déclaré.
Le Franfurter Allgemeine Zeitung distingue d'ailleurs la fermeté de son discours de la position plus nuancée de la chancelière Angela Merkel (CDU) qui a passé hier un coup de téléphone au président russe Dimitri Medvedev. Elle lui aurait clairement indiqué son souhait d'un retrait définitif des troupes russes de Géorgie, et critiqué la reconnaissance des provinces de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Mais « ce coup de téléphone était-il bien utile » ? s'interroge Holger Schmale éditorialiste au Berliner Zeitung. Pour lui, l'homme fort et celui à qui il fallait s'adresser est Vladimir Poutine dont les visées stratégiques bien connues sur la Géorgie et l'Ukraine devrait pousser à un dialogue plus offensif, plutôt qu'à de simples discours de façade.
Le Frankfurter Allgemeine Zeitung commente d'ailleurs la situation délicate d'Angela Merkel en ce moment en visite dans les pays baltes. Le président estonien Toomas Ilves a ainsi critiqué la politique étrangère de la chancelière qui avait freiné en avril dernier l'adhésion de la Géorgie et l'Ukraine à l'Otan, ce qui a pu être compris par la Russie à l'époque comme un signe indiquant que « la Géorgie appartient bien à sa sphère d'influence ». Des menaces sur d'autres pays seraient donc à craindre et le président a déclaré qu'il n'était pas impossible que la Russie envahisse un jour un pays balte auquel cas l'Otan devra jouer son rôle de protecteur de l'intégrité territoriale de ses membres.
Car c'est bien la suite du conflit qui inquiète. Pour die Welt, la Russie est en train de prendre sa revanche sur sa défaite au Kosovo et il faut s'attendre à ce qu'elle ne s'arrête pas là. L'intégrité territoriale de l'Ukraine pourrait elle aussi être menacée.
Le journaliste Thoms Schmid conclut en ironisant sur le cynisme avec lesquels les responsables russes ont utilisé l'argument « occidental » du droit des peuples à disposer d'eux mêmes pour justifier leur décision de reconnaître l'indépendance des deux régions. Un discours que les Tchétchènes doivent avoir bien du mal à entendre.
Adrien de Calan 
Catastrophe aérienne à Madrid, quelles explications ?Suite à la catastrophe aérienne à l’aéroport Barajas de Madrid qui a fait 153 morts le 20 août dernier, une polémique se développe autour des possibles causes de l’accident. Le Frankfurter Allgemeine s’accorde avec les premiers résultats des experts qui penchent pour un problème de moteur ayant causé une réaction en chaîne. En revanche le Sueddeutsche Zeitung s’oppose à une telle explication. Prenant appui sur une vidéo montrant qu’il n’y a pas eu d’explosion d’un moteur avant le crash, le journal se montre plus prudent et estime qu’il faut attendre un examen minutieux des détails avant de pouvoir avancer une explication.
Une compagnie en situation précaire
Quant au Spiegel online, il s’est d’abord intéressé aux restrictions économiques en vigueur chez Spanair et aux possibles manquements à la sécurité qui auraient pu en découler. « Réduction de personnel, pression constante, mépris des normes de sécurité », notamment des temps de repos obligatoires, qui ont conduit les commandants de bord de Spanair à menacer d’une grève si des mesures n’étaient pas prises rapidement. Spanair rencontre en effet de graves difficultés économiques depuis le début de l’année. La compagnie scandinave SAS chercherait sans succès à la vendre « depuis 14 mois ». Le Frankfurter Allgemeine s’oppose à cette idée de même que le Sueddeutsche Zeitung qui estime cette explication simpliste et trop expéditive. Effectivement, Spanair affirme n’avoir aucune idée des causes de la tragédie : le moteur vieux de 15 ans avait passé sans problème l’inspection technique du 24 janvier dernier.
Les victimes allemandes
En ce qui concerne le Berliner Morgenpost , il se focalise sur le problème des victimes allemandes. La situation reste floue concernant leur nombre. Il semblerait que sept passagers se soient faits enregistrer avec un billet Lufthansa, partenaire de Spanair à Madrid. Cependant seuls quatre noms allemands figurent sur la liste des passagers de Spanair. Le doute plane donc quant aux autres éventuels allemands présents à bord. En ce qui concerne ces quatre habitants de Pullach (banlieue de Munich), le décès ne pourra être confirmé qu’après identification définitive des victimes dans quelques jours. Les parents et leurs deux enfants sont pour l’instant considérés disparus comme l’a annoncé le Landescriminalamt bavarois bien que leur présence à bord ne laisse plus guère de doute. Des policiers ont été dépêchés dans l’appartement de la famille disparue pour y prélever des échantillons ADN afin d’aider à l’identification et l’office fédéral de police criminelle (BKA) a envoyé des experts de sa commission d’identification sur place en Espagne. Le Spiegel Online confirme et développe ces faits en précisant qu’il y aurait non pas quatre mais cinq victimes allemandes. Pour l’instant le seul détail connu sur cette cinquième personne allemande présente dans l’avion est qu’il s’agit d’une femme.
Léa Labbé - 22 août 2008 
Conflit russo-géorgien : l’heure du bilan (Revue de Web du 18.08.08)Le conflit russo-géorgien apaisé, voici l’heure du bilan pour les journaux allemands. Et beaucoup y voient une défaite de l’Occident en général et de l’Europe en particulier. A l’image du Spiegel qui titre cette semaine « Le dangereux voisin : Vladimir Poutine et l’impuissance de l’Occident ».
Pour une fois, Angela Merkel et Frank-Walter Steinmeier, le ministre SPD des Affaires étrangères, ont tu leurs différences. La situation est trop sensible. C’est finalement la crédibilité de toute l’Union europénne (UE) qui se joue en ce moment. Gerhard Schröder est lui plus libre et il a décidé de s’attaquer au président géorgien, Michail Saakaschwili. Dans une interview au Spiegel, l’ancien Chancelier affirme ainsi que c’est un « joueur » qui est responsable du déclenchement de la guerre avec la Russie. « Je n’apprécie pas du tout la diabolisation de la Russie » ajoute-t-il.
Ces propos auraient sûrement plus de poids si Gerhard Schröder n’était pas le président du conseil de surveillance du gazoduc Nordstream qui doit relier la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique. Un projet largement financé par la société russe Gazprom.
L’OTAN, l’Allemagne et la Russie
La diplomatie allemande prend une direction totalement inverse à celle de Gerhard Schröder, quitte à mettre à mal le « partenariat stratégique » russo-allemand. Dimanche 17 août, lors d’un déplacement en Géorgie, Angela Merkel s’est ainsi prononcée pour une adhésion rapide de la Géorgie à l’OTAN. C’est un retournement comme le souligne Richard Herzinger dans une tribune sur Die Welt Online. Paris et Berlin avaient justement repoussé une adhésion trop rapide de la Géorgie et de l’Ukraine à l’organisation de défense en avril dernier dans l’espoir d’apaiser la Russie. Pour l’auteur, ce fut visiblement un mauvais calcul, alors que l’on s’apprête à commémorer les 40 ans « de l’entrée des chars soviétiques dans Prague ». La Guerre froide est donc dans tous les esprits. Ainsi, Thomas Klein-Brockhoff, membre du directoire du German Marshall Fund, une institution traditionnellement atlantiste, estime sur le site du Zeit que la Russie aurait de toute façon attaqué, que la Géorgie soit dans l’OTAN ou pas. « Peu importe ce que l’OTAN peut dire ou promettre : la Russie n’est plus aussi facile à effrayer » affirme-t-il ainsi. Etre membre de l’OTAN n’offrirait donc plus aucune garantie de protection. A ses yeux, on peut même se demander si l'article 5 du traité de l’Atlantique Nord, qui garantit la solidarité des membres en cas d’agression, est encore valable.
Le Kosovo n’est pas le Caucase
Enfin, le Süddeutsche Zeitung explique dans une analyse de Stefan Kornelius en quoi le « Kosovo n’est pas le Caucase ». Contrairement au discours russe, on ne pourrait pas comparer l’indépendance du Kosovo à celle de l’Ossétie du Nord et de l’Abkhazie pour plusieurs raisons. Le Kosovo est peuplé très majoritairement d’Albanais ce qui légitimerait leur indépendance, alors que 52% de la population d’Abkhazie est géorgienne. Par ailleurs, le Kosovo était sous le contrôle de la Serbie, alors que les deux régions géorgiennes sont sous tutelle russe, une puissance extérieure.
En Ex-Yougoslavie, l’Union Européenne a imposé un modus vivendi pour que les parties discutent alors que la Russie distribue des passeports russes sans s’embarrasser de négociations préalables. Enfin, l’UE propose aux Albanais et aux Serbes un avenir stable sous son toit, alors que la Russie ne fait qu’envenimer la situation. Etonnant de la part d’un pays qui refuse tout droit à l’autodétermination à l’intérieur de ses frontières, comme en Tchétchénie.
Jean-Baptiste Chastand

Revue du web du 11/08/08
La pause estivale se fait sentir. Entre les Jeux Olympiques et le conflit en Géorgie, il reste peu de place sur les sites Internet pour l’actualité allemande. Sauf naturellement pour LE feuilleton politique de l’année : le land de Hesse.
Hesse un jour, Hesse toujours !
Petit rappel : Andrea Ypsilanti, candidate SPD est arrivée en tête dans le land de Hesse, mais elle ne peut gouverner sans le soutien des Verts et de die Linke. Cette coalition rouge-verts-rouge, la direction nationale du SPD n’en voulait pourtant pas, quitte à laisser le Land dans les mains de la tête de liste CDU : Roland Koch. Mais Kurt Beck, le dirigeant national du SPD, vient d’annoncer aujourd’hui ce qu’on supposait depuis longtemps. Selon le Spiegel, il ne s’oppose plus à la formation d’une alliance SPD-Verts-Linke pour renverser Roland Koch. Une alliance simplement. La coalition sera en effet SPD-Verts. Die Linke devrait juste apporter son soutien.
La tentative d’Andrea Ypsilanti devrait intervenir courant novembre selon les plans dévoilés par le Spiegel. Mais à peine le problème Hesse sur la voie du règlement, d’autres Lander pointent le bout de leur nez. En Bavière, le SPD régional râle contre toute alliance avec die Linke, de crainte que l’électorat très conservateur de la région ne prenne peur. En Sarre, un député SPD s’est lui dit prêt à travailler avec Oskar Lafontaine sur ZDF ce matin. Le dirigeant de die Linke a été investi ce week-end comme candidat dans ce Land qui vote l’année prochaine. Rassurez-vous donc : le feuilleton SPD Linke comptera plusieurs saisons !
En plein mois d’août, on continue à mesurer notre activité
Sur le site de la FAZ, un article rend compte d’une nouvelle étude d’Eurostat, l’office européen des statistiques, sur le taux d’activité dans les 27 pays de l’Union Européenne. Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, 70% des Européens devraient être actifs d’ici 2010. Le pacte de Lisbonne a pour objectif de faire de l’UE la zone économique la plus compétitive du monde d’ici 2010. Pour l’instant, seuls sept pays dépassent ce chiffre. Mais l’Allemagne s’en approche très fortement avec un taux de 69,4%. Le pari devrait donc être tenu en temps et en heure selon la FAZ. En France, le taux se situe à 64,6%, en dessous de la moyenne européenne de 65,4%.
Vacances, vacances
Et puis, comme à la Gazette on aime aussi les vacances, voici quelques liens vers des sujets de saison. SPIEGEL Online présente les aéroports les plus extrêmes de la planète avec des vidéos pour chacun d’entre eux. De Saint-Martin à Courchevel, vous saurez donc où prendre l’avion peut être synonyme d’adrénaline.
Plus drôle, mais tout aussi animé, on trouve sur le site de la Süddeutsche Zeitung une courte dépêche avec pour titre : Bannissement pour les touristes bagarreurs. Les hôteliers de deux villes de Majorque, un des lieux de vacances préféré des Allemands, ont décidé de bannir les touristes trop bagarreurs. Désormais, ceux qui auront été expulsés de leur hôtel pour un comportement trop violent ne pourront plus trouver de places ailleurs. Certains hôteliers voudraient même les expulser de l’île. Vous voilà prévenus.
Jean-Baptiste Chastand

Revue de presse du 07.08.2008 : Brouillard sur les droits de l’Homme à PékinA la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques, c’est la même photo qui fait la Une de la plupart des grands quotidiens allemands. Celle, dans un Pékin embrumé (pollué ? ) d’un activiste déroulant une banderole « one world, one dream, free Tibet » («un monde, un rêve, Tibet libre») du haut d’un pylône électrique. A l’horizon, le site olympique et ses anneaux dont on peine à distinguer les couleurs, et la signification. Comme l’explique le Tagesspiegel dans la légende (« 12 minutes à quarante mètres de hauteur »), le militant et ses « complices » ont été arrêtés peu après leur action. Il s’agissait de deux Américains et deux Anglais membres de l’association new-yorkaise « Étudiants pour un Tibet libre ». Après quelques heures avec la police, ils ont été sommés de quitter le territoire. « Médaille d’or pour les activistes pro tibétain » titre le Frankfurter Allgemeine en saluant leur geste, et l’ingéniosité avec laquelle ils sont parvenus à échapper aux nombreuses mesures de sécurité pour le réaliser.
La presse allemande continue donc de se montrer plus féroce que les journaux français, davantage centrés sur les enjeux sportifs. Le Süddeutsche Zeitung fait ainsi un parallèle audacieux en accolant à l’image la photo du basketteur de NBA et porte drapeau chinois Yao Ming, levant fièrement la flamme Olympique sous un portrait de Mao.
Les journalistes allemands évoquent également la « déclaration inhabituelle » (Tagesspiegel) de Georges Bush dans un discours à Bangkok qui s’est montré pour la première fois « profondément inquiet » de la question des droits de l’Homme. Au passage, le Frankfurter Allgemeine écharpe le président français Nicolas Sarkozy qui vient d’annoncer mercredi dernier qu’il ne rencontrerait pas le dalaï-lama lors de sa visite en France la semaine prochaine. Contrairement à la chancelière Angela Merkel, le président assistera également à la cérémonie d’ouverture des JO.
Le sport proprement dit semble être relégué au second plan. Ce sont surtout des portraits de Dirk Nowitzky, porte drapeau de la délégation allemande, et basketteur dans l’équipe nationale, que l’on peut lire dans la presse allemande. A 30 ans il joue probablement ses derniers jeux. Joachim Mölter, du Süddeutschezeitung dit de lui qu’il ne veut visiblement « que jouer et rien savoir de la politique à Pékin ».
Le journaliste semble espérer à demi mot que les autres sportifs ne sont pas dans son cas…
Adrien de Calan 
Revue de presse du 4.08.08 : Wolfgang Clement : la dispute continue
Wolfgang Clement, ancien ministre de l’Economie et de l’Emploi du gouvernement de Gerhard Schröder, est présent dans tous les journaux en ce début de semaine. La raison : sa récente exclusion du SPD par la commission de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Wolfgang Clement avait vivement critiqué Andrea Ypsilanti, la candidate du SPD aux élections régionales de Hesse, quelques jours avant un scrutin en janvier, qui s'était joué au coude à coude avec les conservateurs. Selon le Tageszeitung, la brouille portait principalement sur la politique environnementale d’Andrea Ypsilanti, qui souhaitait favoriser les énergies alternatives alors que Wolfgang Clement pronait la construction de nouvelles centrales nucléaires. Pour Gernot Grumbach, dirigeant de la section SPD du sud de la Hesse responsable de l’exclusion de l’ancien ministre, cité dans le Tageszeitung, cette critique « n’était pas une libre expression mais une nuisance au parti ». Il ajoute par ailleurs que « Clement aurait pu appeler à la construction de nouvelles centrales, mais il n’aurait pas du appeler à voter contre le SPD ».
L’exclusion de l’initiateur de l’Agenda 2010 – un ensemble de mesures libérales menées par le gouvernement Schröder - a provoqué de vives tensions au sein du parti social démocrate. Si la direction fédérale du SPD a confirmé la mise à l’écart de Clement, « des bruits courent que le secrétaire général, Kurt Beck, serait contre », selon le Tagesspiegel. Le ministre des finances, Peer Steinbrück, cité par le Süddeutsche Zeitung, a quant à lui clairement affirmé que « le SPD et Wolfgang Clement ne doivent pas se séparer ». L’avocat de Clement, également au SPD, va même jusqu’à dire que « le bannir du SPD a un charactère suicidaire ».
Face à la polémique montante, la commission de Rhénanie du Nord a tenté de trouver un compromis. Selon le Süddeutsche Zeitung, la commission aurait proposé un blâme au lieu de l’exclusion, à condition « que Clement s’explique sur son appel à voter contre Andrea Ypsilanti ». Une conciliation refusée en bloc par l’ancien ministre, qui estime dans Tageszeitung qu’il ne se laissait pas dicter « quand et où il pouvait exprimer [son] opinion ».
Dans le Süddeutsche Zeitung, Wolfgang Clement estime que son exclusion « ne [le] visait pas personnellement, mais concernait davantage la ligne idéologique du parti », qui opérerait un revirement à gauche. Il en veut pour preuve le fait que ceux qui ont voté sa mise à l’écart « sont les mêmes que ceux qui ont qualifié l’Agenda 2010 de dédaigneux ». Le SPD serait-il en train de revenir sur son évolution libérale ?
Déborah Berlioz
Revue de presse du 28 juillet 2008 : Une grève sous le soleil
En Allemagne, une grève c’est rare. Et ça ne passe donc pas inaperçu dans les médias. Aujourd’hui, répondant à un appel du syndicat Verdi, les employés de la Lufthansa ont cessé de travailler pour une durée indéterminée. Ce serait la plus grande grève qu’aurait connu l’opérateur aérien depuis treize ans selon le Tagesspiegel, depuis 23 ans selon le Süddeutsche Zeitung.
Environ 50 000 employés de bord et au sol devraient stopper toute activité dans les aéroports de Francfort sur Main, de Hambourg et de Munich. Les revendications ? « Verdi demande une hausse des salaires de 9,8% », explique le Tagesspiegel. L’exigence serait motivée par les bénéfices records de 1,7 milliards d’euros engendrés par la Lufthansa en 2007, selon le Süddeutsche Zeitung. Mais l’opérateur aérien refuse de monter au dessus de 6,7%. Une différence de chiffres qui a provoqué le départ du syndicat de la table des négociations.
Mais le recours à la grève est vivement critiqué. Par les politiciens tout d’abord, comme Ernst Hinsken (CSU), responsable gouvernemental du tourisme cité par le Tagesspiegel, qui juge que « le mouvement projette une mauvaise image de l’Allemagne en tant que destination touristique ». L’éditorialiste du Tagesspiegel est plus virulent. Selon lui, cette grève « ne démontre pas une force du syndicat, mais une faiblesse », car ils « n’ont aucune autre réponse à la globalisation ».
Dans le Tagesspiegel, on insiste surtout sur les répercussions économiques du mouvement pour le « premier opérateur aérien d’Allemagne ». Le journal cite Frank Skodzik, analyste à la Commerzbank : « Nous évaluons à cinq millions d’euros le coût d’un véritable jour de grève comme celui-ci. » Selon l’expert, la Lufthansa devrait donc « tout faire pour revenir à la table des négociations au plus vite ».
Les conséquences pour les usagers sont plus longuement abordées dans le Süddeutsche Zeitung. Selon le quotidien, La Lufthansa « tentera de minimiser au maximum les désagréments pour les voyageurs ». Un système de conversion du billet d’avion en billet de train sera donc mis en place, ainsi qu’une hotline, et des informations sur les retards et les annulations seront régulièrement mises à jour sur le site internet.
Mais bon, comme le fait remarquer le Tagesspiegel à la Une, au dessus d’une photo de la plage bondée du Wannsee, « l’été est enfin de retour ». A Berlin tout du moins. Pendant que le reste de l’Allemagne subit les affres des intempéries, la capitale et le Brandebourg sont une véritable « île des bienheureux » selon le quotidien. Au moins, ceux qui seront coincés à Berlin par la grève de la Lufthansa pourront toujours apprécier le soleil…
Déborah Berlioz
Revue de presse du 24 Juillet 2008: la semaine Obama
« L’Obamania » s’est emparée des médias allemands. Aucune chance pour que la venue du candidat aux élections présidentielles américaines à Berlin ce jeudi 24 juillet ne passe inaperçue. Déjà en début de semaine, le visage de Barack Obama occupait la Une du magazine Der Spiegel sous le titre « Deutschland trifft den Superstar » (l’Allemagne rencontre la superstar). Maintenant que le jour J est arrivé, le plus célèbre des Afro-américains s’affiche sur la première page de tous les journaux allemands. En version sobre, en photo avec le président israëlien dans le Süddeutsche Zeitung, ou en version Superman dans le Tageszeitung.
Une chose est claire, les Allemands adorent Barack Obama. Selon un sondage publié dans le magazine Der Spiegel, 76% des habitants de la République fédérale le considèrent comme le meilleur candidat à la présidence des Etats-Unis. L’accueil que les Berlinois lui réservent est donc en conséquence. Selon le Süddeutsche Zeitung, des dizaines de milliers de personnes sont attendues au pied de la Siegesaüle pour écouter le seul discours qu’Obama prononcera en Europe. Pour le Tageszeitung, c’est « l’accueil le plus sympathique qu’a reçu un président américain depuis 45 ans », soit depuis le fameux « Ich bin ein Berliner » de Kennedy.
Comme le souligne le Süddeutsche Zeitung, « il est difficilement imaginable qu’un candidat à la chancellerie allemande puisse attirer des dizaines de milliers de personnes dans les rues de New York ou de Washington ». Certes, l’Allemagne n’est pas la superpuissance que sont les Etats-Unis, mais cela n’est pas la seule explication. Les Allemands auraient apparemment tendance à idéaliser le candidat démocrate. « Les Berlinois attendent un magicien qui peut changer le monde », explique le magazine Der Spiegel. Stopper la guerre en Irak, résoudre les problèmes environnementaux, réconcilier le nouveau monde avec la vieille Europe… Les Allemands n’en espèrent pas moins de Barack Obama.
Ces espoirs risquent d’être déçus selon le Tageszeitung. Le journal, orienté à gauche, insiste sur le fait que le candidat ne prévoit pas un retrait complet d’Irak (75 000 soldats sur les 155 000 actuellement présents resteront sur place). Sans oublier de souligner le souhait du démocrate de renforcer le « combat contre le terrorisme en Afghanistan », ou encore sa position très proche d’Israël, néfaste à l’image de la superpuissance dans les pays arabes.
Le déchainement médiatique ne vire donc pas à l’idôlatrie. Les médias restent lucides : Barack Obama concentre des attentes irréalistes. Et surtout, comme le souligne l’éditorialiste du Tagesspiegel, « le candidat démocrate vient avant tout ici pour faire campagne », et depuis Berlin, ce sont « les Américains qu’il compte atteindre ».
Le Süddeutsche Zeitung reconnaît tout de même un aspect positif à la venue de Barack Obama : « c’est l’occasion de montrer que Berlin est une métropole de niveau mondial, au même titre que Londres ou Madrid ». Le démocrate se construit une image de présidentiable, la capitale redore son blason international. « Tout le monde est gagnant », conclut le journal.
Déborah Berlioz 
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Bonne idée cette revue de presse ! Manque peut-être quelques images... Bonne continuation!
c'est génial la revue de presse mais de toutes les mettre sur une page j trouve pas ça super pratique...z'etes pas d'accord?
ouai, c'était déjà bien la gazette mais alors là c'est de mieux en mieux!
puis j'aime bien le ton on sent que vous êtes une équipe sympa, enfin bravo quoi...ouai je sais c'est pas très construit comme critique, mais c'est sincère!


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