
 |

|
 Cédric Klapisch à l´occasion de la sortie de son film "Paris"
|

Cédric Klapisch, réalisateur français intimiste, nous transmet son image de la Ville Lumière à travers la parution de son neuvième film, tout simplement intitulé Paris. Sortie le 17 juillet.
Aviez-vous déjà les acteurs en tête avant de commencer le film ?
J'ai eu des envies d'acteurs. Juliette Binoche et Romain Duris comme frères et sœurs, ou Fabrice Luchini frère de Francois Cluzet. Ensuite est venue l'histoire avec des couples opposés : l'historien tourné vers le passé, l'architecte vers l'avenir, le danseur soucieux de son corps quand l'assistante sociale se donne pour les autres.
Vous avez déclaré que les réalisateurs s’embourgeoisent. Ne craignez-vous pas de devenir vous-même bourgeois et de passer à côté du sujet ?
Le plus important pour moi est de ne pas mentir, de ne pas essayer de faire « prolo », mais c'est vrai que je parle certainement mieux des gens qui sont du côté de la bourgeoisie. Le cinéma doit permettre de montrer les gens qui sont différents de nous.
À travers le choix de très beaux plans, n'y a-t-il pas un risque de limiter Paris à une succession de cartes postales ?
Je voulais montrer les rues majestueuses, certains monuments uniques au monde qui font aussi que Paris est la ville la plus visitée du monde. La carte postale fait vraiment partie de cette ville.
Certains spectateurs ont perçu le film comme un rêve, est-ce une bonne grille de lecture ?
On peut se dire que tout se passe dans la tête de Romain Duris, qui aurait imaginé le trajet des gens qu’il voit par sa fenêtre. Ce film est fait pour avoir différentes lectures puisque la fin est ouverte.
La critique serait plutôt sur les oppositions qui seraient trop simples, et qu’on ne verrait pas assez comment les personnages évoluent.
En effet il n’y a pas un héros auquel on s’identifie. J’ai choisi de parler de Paris pour essayer de créer une émotion collective. La confrontation des problèmes des uns et des autres crée une autre façon d’en parler.
Votre père est physicien et votre mère psychanalyste. Cela peut-il résumer votre envie de comprendre le monde entre l’intime et le vaste ?
C’est une réalité, mon père fait de la physique nucléaire, ce qui revient à voir la composition de l’infiniment petit et trouver la logique de l’infiniment grand. Ma mère travaille sur l’intime. Il est certain que mon cinéma mélange ces deux approches, chacune étant dans l’introspection mais de façons assez opposées.
Chaque scène de danse du film est un moment intense. Est-ce que la danse est pour vous un concentré de vie ?
La danse est très cinématographique, ce n’est pas un hasard si la comédie musicale est un genre en lui-même à l'écran. Pour moi bizarrement c’est un film qui parle beaucoup de la mort dans le but de parler de la vie. La danse est vraiment une image pour parler de la vie, lorsque les gens ont envie de vivre, ils se mettent à danser.
Est-ce que Berlin, l’Allemagne et son cinéma vous inspirent ? Pourquoi pas un troisième film avec les protagonistes de l’ « Auberge espagnole » en jeunes parents berlinois…
Je trouve que ce pays est en train de changer. L’Allemagne semble dépasser ses blessures et il y a une liberté qui se ressent dans le cinéma allemand. À Berlin come à Munich il se passe des choses très intéressantes dans la rue et cela donne envie de venir…
En tant que co-président de la société des réalisateurs, vous vous engagez pour une certaine forme de cinéma français. Pourriez-vous nous en dire plus sur la lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy ?
Le cinéma d’aujourd’hui doit être pensé en fonction de nouvelles réalités. Je milite énormément pour que ce ne soit pas les autres qui me disent ce que je dois faire, notamment quand je vois la réalité politique de Sarkozy.
Une réalité que l'on peut encore changer ?
On peut toujours changer la réalité.
Propos recueillis par REGIS PRESENT-GRIOT, DEBORAH BERLIOZ et MARIE GREGOIRE


resultats entre 1 et 1 de 1
bien décevant ce film!
Cédric Klapisch nous avait habitué à mieux!