La petite reine a déjà vécu une bien longue histoire : elle fête aujourd'hui ses 147 ans d’existence ! Entre évolutions pratiques, innovations techniques et exploits sportifs, la bicyclette, ou « vélocypède », inventé par Pierre Michaux en 1861 a subi de bien nombreuses transformations, pour arriver au «vélo» que nous côtoyons au quotidien. Mais qui aurait pû prévoir que son ancêtre reviendrait au goût du jour ?
Karl Friedrich Christian Ludwig, baron Drais von Sauerbronn, plus connu sous le nom de Karl Drais, a consacré sa vie à créer. Génie un peu fantasque, doté d'une imagination sans bornes, combinée à un pragmatisme certain, propre de tout bon inventeur (pourquoi donc avoir inventé la roue ?) L'humanité lui doit notamment l'invention d'une machine à écrire les notes, en 1812, puis d'une machine à écrire sténographique à 16 caractères en 1827. Mais Karl Drais doit surtout sa notoriété à l'élaboration d'un concept novateur : la création d'une « machine à courir » (laufsmaschine), en 1818. Cet engin, simplement composé de deux roues reliées par un cadre en bois, et propulsé par la seule force des pieds, rencontra un franc succès dans les sociétés bourgeoises anglaises, françaises, où encore allemandes. Il faut dire que l'engin permettait à son utilisateur d'atteindre la vitesse hallucinante de ... 14 km/h ! De quoi faire voler hauts-de-forme, redingotes et compliments. Pourtant, la belle histoire de la draisienne, du nom de son créateur, aurait pu s'interrompre avec... l'invention des pédales en 1861 par Pierre Michaux, qui avec son
« vélocypède » connu le succès que l'on sait.
Cure de jouvence
Cette hégémonie du cousin « mécanique » aurait pu se poursuivre encore longtemps sans l'intervention de Rolf Mertens. Ce designer de formation s'inspire, en 1997, des vieux plans poussiéreux laissés par Karl Drais afin d'élaborer un moyen de locomotion pour son fils en bas-âge, qui l'adopte immédiatement. Croyant y voir une source de succès populaire, Mertens réinvente littéralement la draisienne, l'adapte aux plus petits, et la nomme « LIKEaBIKE ». Le succès est immédiat, les commandes se multiplient. Il faut dire que cette draisienne d’un nouveau genre, qui ne souffre d'aucune concurrence en Allemagne, est reconnue pour ses vertues d’éveil : l'enfant acquiert ainsi dynamisme, motricité, équilibre et autonomie, et ce sans aucun risque ! Finies les innombrables chutes et courses poursuites, la draisienne à trouvé une seconde jeunesse. Près de 10 ans après sa résurrection, la draisienne est ainsi la star des bacs à sable : les parcs berlinois sont envahis par ces casse-cous en culottes courtes, qui animent la quiétude des samedi après-midi ensoleillés. Le phénomène est loin de s’estomper, s’étendant même aux pays limitrophes. Pour le plus grand plaisir de Karl Drais, qui n’aurait sans doute jamais imaginé un tel succès.
Eric GILLAUX
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la premiere Draisiene est conservée à Karlsruhe où vous pouvez la voir.