

Après des années d´inaugurations, annulations et relances, le projet de construction du centre d´information sur les crimes nazis, véritable serpent de mer des musées berlinois, semble enfin prendre forme. Les premiers coups de pioche viennent d´être donnés, le 2 novembre, au cœur de Berlin, sur le site historique de « Topographie des Terrors ».
Le coup d´envoi avait été donné en 1995. Une cérémonie marquait le début de la construction du nouveau Centre d´information et d´exposition sur les crimes nazis. Dans la rue Niederkichner, entre la Postdamer Platz et l´ancien Check-Point Charlie, se tenait entre 1933 et 1945 le siège de la police politique nazie, la Gestapo, et des brigades SS. Sur les ruines des bâtiments devait s´ériger un musée.
Dix ans plus tard, le chantier n´avait toujours pas commencé. Les cinq hectares de terrain, zone frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest jusqu´à la fin des années 1980, sont restés inutilisés. Après l´abandon du projet de l´architecte autrichien Peter Zumthor en 2004 à cause de coûts de construction trop élevés, les architectes allemands Ursula Wilms et Heinz Wuhlman ont remporté le nouveau concours lancé en 2005.
Une architecture simple
Les travaux viennent de commencer, et cette fois-ci Lütke Daldrup, le secrétaire d´Etat à la construction, aux transports et à l´urbanisme, est « très confiant » sur la tenue du budget et des délais. Le bâtiment, un cube à la façade de verre et de métal, devrait être livré en 2009. Le style sera épuré, loin du projet précédent. Le musée pourrait être inauguré le 8 mai 2010, le jour du 65ème anniversaire de la fin du régime nazi. Le financement des 24 millions d´euros nécessaires est partagé à parts égales entre l´Etat fédéral et le Land de Berlin.
L´endroit chargé d´histoire – c´est là qu´a été planifiée une partie des crimes des nazis – deviendra, comme le Musée juif ou le Mémorial de l´holocauste, un lieu de souvenir. Le président de la fondation « Topographie des Terrors », Andreas Nachama, a déjà en tête le parcours de l´exposition permanente. On pourra y voir les vestiges des bâtiments qui abritaient les administrations nazies. Les restes du Mur qui se trouvent sur le site seront aussi intégrés au musée.
Julien Duriez