

Six nouveaux établissements vont bénéficier du statut d´université d´élite. Après les deux universités de Munich et celle de Karlsruhe en 2006, c´est de nouveau le sud qui rafle la plupart des places cette année. Ont été retenues Fribourg, Heidelberg, et Constance dans le Bade-Wurtemberg ainsi qu´Aix-la-Chapelle en Rhénanie du Nord-Westphalie. Göttingen en Basse-Saxe et la Freie Universität de Berlin, la seule à se trouver dans les cinq Länder issus de la réunification, complètent la liste.
En 2004, Gerhard Schröder appelait de ses vœux « l´excellence » pour les universités. L´année suivante, le statut « d´université d´élite » a été créé pour distinguer une dizaine d´établissements. « L´objectif, comme l´expliquait en 2005 le président du Conseil scientifique fédéral Peter Strohschneider, est d’identifier les points forts des universités allemandes et de les faire connaître, afin de les rendre compétitives sur le plan international, qu’elles fassent partie des meilleurs établissement du monde. »
Comme l´ancien Chancelier, la Ministre française de l´enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, aime à répéter sa volonté de faire des facultés francaises « le lieu de l´excellence ». Mais la situation française n´est pas transposable en Allemagne. Le système des grandes écoles assurent déjà une certaine compétitivité internationale aux établissements français. Les systèmes universitaires américain et britannique permettent eux aussi l´émergence d´établissements de pointe. Les nouvelles « universités d´élite » allemandes pourraient bientôt être leur pendant.
Trois universités avaient déjà été retenues en 2006, six viennent de l´être en 2007. Chacun des derniers établissements retenus recevront une dotation annuelle de 21 millions d´euros sur une période de cinq ans, principalement pour la recherche. En tout, ce seront 1,9 milliards qui seront dépensés pour « l´excellence » entre 2006 et 2011. Les trois quarts de cette somme viennent de l´Etat fédéral, le reste des Länder.
Pour la ministre de la Recherche Annette Schavan, l´attribution du statut à six nouvelles universités cette année, « c´est une nouvelle page de l´histoire de la science qui s´écrit ».
L´Est délaissé par l´excellence
Seule dans l´ex-Allemagne de l´Est à avoir passé le premier tour, la Humboldt Universität de Berlin n´a finalement pas été retenue, alors même que sa sœur de l´Ouest, la Freie Universität, fait depuis cette année partie de « l´élite ».
Contacté, le recteur de la Humbold, Christoph Markschies dit sa déception. Mais il garde confiance dans le projet de son université : « Nous voulons maintenant montrer qu´il est aussi possible de poursuivre notre projet sans l´argent de l´Etat. La Humboldt est une université d´avenir ! ».
Certains accusent la réforme de favoriser un système de formation a deux vitesses. Interrogé à ce sujet, le recteur de la Humboldt Universität ne s´inquiète pas : « Je connais bien la situation des petites universités de l´Est car j´ai dirigé l´Université d´Iéna pendant six ans. Si ces dernières continuent leurs efforts, elles appartiendront bientôt elles aussi à l´élite ». De son côté, l´université Humboldt prépare déjà le prochain concours prévu dans trois ans.
Des voix contestataires s´élèvent aussi parmi les élèves, comme cette représentante étudiante de la Freie Universität Sonia Wrobel. Elle exprime sa frustration : « On a beau être dans une université d´élite, cela ne nous empêche pas d´être cinquante lors des séances de travaux pratiques ! L´argent versé n´apportera rien aux étudiants. »
Julien Duriez