HIGHLIGHT
Les 4 Saisons... version chaotique
Qui ne connaît pas le chef-d’œuvre de Vivaldi ? Mais ne soyez pas si sûr de vous : il a encore de quoi vous surprendre. Avec Les 4 saisons…, Angelin Preljocaj, qu’on se rappelle entre autres pour sa collaboration avec le duo électronique Air, signe une chorégraphie guidée par les principes « jaillissement, exaltation, suspension, vibration ». De quoi rendre son énergie première au concerto classique ! Mais Preljocaj ne s’arrête pas là : pour prouver qu’une musique si rebattue peut encore livrer des zones d'ombres et des secrets, le chorégraphe s'associe au plasticien débridé Fabrice Hyber qui, en plus d'en signer les décors et les costumes, agit en tant que « chaosgraphe ». Et c’est en effet le chaos qu’installent au sein de l’écriture chorégraphique ses POF, Prototypes d'objets en fonctionnement : drôles d’objets inédits tels le ballon carré ou l'ours en plastique, qui déplacent la fonction originelle d'objets familiers, donnant à l'œuvre une couleur vive et contemporaine, l’insérant dans un environnement ludique qui reflète les perturbations climatiques des saisons. Bazar inusité, célébration sensuelle et météorologique, accessible à tous : gageons que leur pari est réussi !
Haus der Berliner Festspiele (Berlin)
Les 23 et 24.11 à 20h, le 25 à 19h

BERLIN
Deutsches Theater
Dantons Tod
Un chef-d’œuvre de Georg Büchner mis en scène par Cristoph Mehler. « La Mort de Danton » n'est pas seulement un drame historique. C'est l'histoire d'hommes et de femmes emportés par une révolution qu'ils ne maîtrisent plus. Danton préfère mourir, entraînant ses amis avec lui, plutôt que de continuer à se battre pour une cause désormais placée sous le signe de la Terreur. Une pièce incisive, sombre et tragique qui interroge la légitimation de la violence par l’Etat. Un drame toujours actuel. Incontournable.
Les 18, 19.11 et les 2, 25 et 26.12 à 20h30
HAU 1
Meeting Points 5
Un festival qui a lieu successivement à Rabat, Alexandrie, au Caire, à Tunis... et à Bruxelles et chez vous, à Berlin. La diversité est vraiment le mot d’ordre de ces deux semaines itinérantes, mêlant joyeusement théâtre, danse, arts visuels, films, vidéos et musique ! Six coproductions ont été tout spécialement conçues pour ce festival pas comme les autres. Signalons la performance vidéo-lecture de l’Egyptien Sherif El Azma, ou encore la nouvelle création de la danseuse chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen, Aita. On savourera aussi les nuits de cinéma, dont le programme a été choisi par les artistes. Et on ne ratera pas la chanteuse palestinienne Kamilya Jubran, le groupe électro égyptien Bikya ni le rap des Marocains de H-Kayne. Et encore, tout cela n’est qu’un avant-goût… Rendez-vous sur le site internet pour le détail de la programmation foisonnante !
www.hebbel-am-ufer.de
Du 22.11 au 1.12
DRESDE
Szene Frankreich
Un festival au nom explicite qui met la France au centre de la scène. Au programme en particulier Mimo Magique, Tombé du ciel, mimodrame qui mélange jeux d’ombres, films et théâtre noir, voyage entre rêve et réalité ; et aussi le spectacle de Jean-Luc Lagarce, Avec le bleu de midi et le noir de minuit: Histoire d'amour (dernier chapitres), une ronde d’amour à trois personnages, une pièce sur le souvenir et sur la narration, sur les multiples possibilités de partager cette mémoire. Et pour les amateurs de danse, ne ratez pas La Doublure, de la compagnie Dégadézo, spectacle chorégraphique sur la relation entre le corps et le vêtement. Et enfin, un spectacle hors du commun, S'appelle reviens, D'états de femmes : avec du sucre, du sable, de l´eau et de l´argile, quatre hommes font naître des figures féminines, tentent de percer ainsi le mystère de la femme. Avec des images en constant mouvement, ce groupe originaire de Strasbourg esquisse un point de vue sensuel et authentique sur le genre féminin.
Les 24, 25, 27.11 et le 1.12 au Societaetstheater à 20h
HANNOVRE
Les Mains sales
Sujet délicat : le meurtre prémédité en pleine guerre mondiale et sociale : peut-on tuer un homme quand on ne partage pas ses idées ? C’est autour de cette question essentielle qu’est bâti ce brillant thriller psychologique qui oppose deux groupes de personnages : les uns sont un peu perdus et totalement embrigadés dans un système qui leur échappe ; de l’autre des figures du contrôle de soi, capables de décider de la vie ou de la mort d’un homme sans hésiter. De la confrontation entre ces deux mondes vont naître plusieurs histoires : des meurtres, des amitiés, de l’amour…
Les 24, 28.11 et le 6.12 à 19h30 au Schauspielhaus (en allemand)
MUNICH
Les Directeurs
Une pièce de Daniel Besse. À l'intérieur d'une grande entreprise, on se prépare à la négociation délicate d'un contrat de plusieurs milliards de francs. De grands directeurs jouent leur plan de carrière. Cette pièce, à la fois comédie de moeurs, tragédie et satire du monde des affaires, présente l’entreprise comme un champ clos où se jouent des guerres cruelles et des drames humains. Cynisme au rendez-vous !
Les 16, 17, 24.11 à 20h, le 25 à 17h, les 14 et 15.12 à 20h
A l’Oberanger-Theater
Hamid Ben Mahi - Guy Alloucherie: Faut qu'on parle !
Son solo Chronics était une réussite. Hamid Ben Mahi y racontait son apprentissage de la danse classique, son appel du hip-hop, et les deux techniques se mêlaient avec humour et virtuosité. Cette fois sous la houlette du metteur en scène Guy Alloucherie - féru des croisements entre disciplines artistiques - il propose un voyage entre la cité de son enfance à Paris et l'Algérie de ses parents. Faut qu’on parle ! claque comme un manifeste, intime et pourtant tourné vers le monde. Sur scène, ce journal à haute voix parle de mémoire et de dignité, de solidarité, de métissage et de racisme. Témoin attentif, Hamid Ben Mahi, aidé ici par la vidéo et la dramaturgie va raconter son passé et son quotidien, quelque part dans une banlieue (en français, avec des sous-titres allemands). Dans le cadre d’un festival passionnant (programme sur www.spielart.org)
Les 26 et 27.11 au Gasteig à 20h