Plus un bruit, les lumières s’éteignent… Le pianiste Terry Truck entre en scène, suivi de Georgette Dee, vêtue d’une longue robe en velours noir. La chanteuse s’empresse d’allumer sa première cigarette dont la fumée l’enveloppe langoureusement. Ambiance.
Le public est conquis en quelques secondes par les histoires hilarantes et troublantes de la diva. Elle nous introduit dans son univers : un doux mélange de fantasmes et de souvenirs. Mais son histoire raconte l’amour, celui qu’on attend toujours et qui ne viendra pas. Amertume…
Né homme en 1958 à Sülze dans le Niedersachsen, devenu femme en 1981 à Londres. C’est la naissance véritable. Le pseudonyme devient identité : Georgette Dee. Tout ce qui est avant n’a pas d’importance, voire pas d’existence. La révélation ? Sa rencontre avec le pianiste Terry Truck d’où naitra un duo musical qui durera pendant plus de vingt ans. Les portes du succès s’ouvrent et Georgette se révèle. Ne cherchant jamais à cacher son sexe d’homme, elle ne dévoilera toutefois que la femme, grâce à sa sensibilité amoureuse, ses rires pudiques et son charme artistique. Dans le répertoire de cette grande chanteuse de cabaret, on croise Brecht, Weill, Brel, Billy Holiday, des chansons Pop/Classique mais aussi des compositions plus personnelles.
Aujourd’hui, après une longue séparation, elle retrouve Terry Truck pour une série de concerts qui auront lieu dans toute l’Allemagne jusqu’en décembre 2008. Et c’est une artiste à part que le public vient applaudir. Après plusieurs vodkas, Georgette rit et se trouble devant un jeune serveur qui lui apporte sur scène verre après verre. Puis elle reprend, d’une voix intense et magique. Celle que « Die Zeit » a surnommé « la diseuse » théâtralise à la perfection de véritables instants poétiques. L’âme des spectateurs est en proie à une émotion grandissante, touchée par la vérité des textes chantés et des sentiments dévoilés. Certes, parfois, la diva se perd dans son histoire et ses souvenirs. C’est alors son tendre pianiste, guettant chacun de ses gestes, qui orchestre le spectacle. Discret, il semble tout connaître de sa partenaire. Et si Georgette oublie de chanter, il la rappelle à l’ordre en déroulant sur son clavier de tendres mélodies.
On ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de mélancolie car c’est la dernière occasion de voir le duo. Après, Dee rejoindra ses nouveaux musiciens Jazz, Nils Gessinger et Jürgen Attig pour son projet baptisé… « Dee-Vine ».
Toutes les dates des concerts en Allemagne de G.Dee/T.Truck sur : http://www.agentur-charis.de/
Charlotte Renaut
*Notion-sentiment de nostalgie, souvent amoureuse, mêlée de désirs et de regrets