« Tu sais les mots, et comment on les utilise », argumentent les villageois pour convaincre Brodeck de rédiger un rapport de plus. Mais cette fois-ci, c’est sur un thème inhabituel, bien plus dramatique que la flore et la faune qui normalement l´occupent.
Les mots allemand, nazi, juif n´apparaissent pas et c´est justement une force dans cette fiction ancrée dans un réel imprécis et pourtant tragiquement crédible. Seul le patois (germanique) et les noms nous laissent supposer que l´on se trouve entre les Carpates et l´Alsace. C´est dans une langue sobre que sont mis à jour les mécanismes de la haine, du rejet et de l’humiliation. De toute évidence Philippe Claudel démontre que lui aussi sait « les mots et comment on les utilise ».
« Le Rapport de Brodeck » de Philippe Claudel-Chez Stock-414 p.