Délires de scientifiques ou projets visionnaires ?
Trop de CO2 ? A défaut de réduire ses émissions, apprenons à nous en débarrasser…au fond des océans, capturés dans des roches ou des arbres artificiels. La lutte contre le réchauffement climatique fait tourner à fond les turbines imaginatives des scientifiques : revue des projets les plus fantaisistes.
L’élevage intensif de planctons « mangeurs » de CO2
Ian Jones, professeur en océanographie à l’université de Sydney, imagine la solution dans le plancton végétal, organisme invisible à l’œil nu vivant dans les eaux côtières.
Le plancton subsiste grâce à la photosynthèse et en mourant, emporte le CO2 absorbé dans les fonds marins. D´ou l´idée de « doper » les océans en nutriments vitaux comme le fer et l’azote, afin d´augmenter le nombre de planctons et avec lui, la quantité de CO2 capturée.
Des arbres artificiels « puits de carbone »
Le géophysicien Klaus Lackner, professeur à l’université Columbia de New York, mise, quant à lui, sur des arbres artificiels capables de filtrer et d’aspirer le CO2 dans l’air, de le réduire en poudre pour l’acheminer ensuite par pipeline dans les sédiments marins.
Pourquoi se contenter d’arbres réels volumineux et limités dans leur stockage de CO2 quand on peut créer des arbres synthétiques bien mieux adaptés aux besoins du 21ème siècle ?
Avec ses « branches » recouvertes d’une couche absorbante de chaux ou de soude, cet arbre high-tech fonctionnerait comme un puit de carbone et pourrait filtrer 90 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de CO2 de 15 000 voitures.
Pétrification du CO2
Olaf Schuiling, géologue à l’Institut des sciences de la terre à l’université d’Utrecht aux Pays-Bas, propose d´utiliser les qualités des silicates qui constituent 95% de l’écorce terrestre.
Lors de précipitations, le CO2 et les silicates forment des sédiments calcaires. Le CO2 contenu dans l’atmosphère est ainsi „pétrifié“.
Olaf Schuiling veut optimiser cette réaction grâce à l’olivine, une roche qui fixe le CO2 encore plus rapidement. Une fine couche d’olivine répandue sur le sol permettrait d’éponger le surplus de CO2.
Cette solution „minérale“ a l’avantage d’être chic: l’olivine est utilisée pour la confection de bijoux!
Chantal Mairesse