La Grundschule, le seul (maigre) tronc commun à tous les Allemands…

Longtemps l’école allemande a été louée par les pédagogues pour la liberté accordée aux enfants. Son système de demi-journée d’école suivi d’une demi-journée consacrée aux sports et aux arts, équilibre idéal entre culture du corps et de l’esprit, fait de moins en moins rêver.
Après les résultats médiocres en 2003 de l’Allemagne au test comparatif PISA[1], le système se remet en cause et guette les méthodes de son voisin français : la conciliation d´un taux d´activité des femmes élevé et une natalité vigoureuse. Un miracle qui repose sur un système scolaire prenant en charge les enfants du matin au soir. Sans pour autant donner des femmes qui travaillent une image de mère indigne (Rabenmutter).
Les derniers résultats de PISA relèguent l’Allemagne dans le dernier tiers des pays de l’OCDE, tout en révélant des disparités records entre les bons et les mauvais élèves.
Surtout est démontrée une très forte corrélation entre origine sociale et réussite scolaire, la brièveté du seul enseignement commun à tous, l´école primaire, accusée de ne pas lisser les inégalités sociales, est pointée du doigt.
Pourtant, malgré la prise de conscience d’efforts nécessaires à une amélioration du niveau des élèves, l’Allemagne, encore endettée par la réunification, ne semble pas prête à y mettre le prix. Comparé aux autres pays de l’OCDE, le pourcentage du PIB consacré à l’éducation y est particulièrement bas: 4,6% contre 5,2% pour la moyenne de l’OCDE, (5,9% en France), dont seuls 15% sont consacrés à l’éducation primaire.
Ainsi, il n’est question ni d’augmenter les budgets alloués à l’éducation, ni de repousser la décision précoce d’orientation, qui sépare une classe d’âge, parfois dès la 5ème classe, vers des études académiques ou une formation plus courte.
Pour pallier le refus de restructuration du système, les efforts sont portés sur d’autres points : la généralisation de l’accès au Kindergarten (jardin d´enfants/maternelle) qui tente d’investir plus activement sa mission éducative ainsi que la remise en cause de la Halbtagsschule (matinée d´école suivie de l´après-midi libre), critiquée pour laisser trop de temps libre aux élèves et renforcer ainsi les inégalités sociales. Tandis que les enfants privilégiés consacrent leurs après-midi libres aux cours de piano, de tennis ou de soutien scolaire, les autres restent livrés à eux-mêmes, dans la rue ou devant la télé avec parfois des programmes satellitaires en provenance des pays d´origine…ce qui ne favorise pas l´intégration linguistique des enfants d´immigrés.
Un système souple…et dur !
En fonction des Länder, de la maturité de l’enfant et de son niveau scolaire, les parcours scolaires diffèrent. A 6 ans, les enfants effectuent un test de maturité afin d’être admis en première classe. En cas d’échec, ils sont orientés vers la Vorschule, année de préparation à l’apprentissage de la lecture effectuée au Kindergarten, qui retarde ainsi d’un an leur entrée à la Grundschule (primaire).
Après 4 ans à l’école primaire, les bons élèves peuvent effectuer leur 5ème année au Gymnasium. Ainsi, au lycée français de Berlin par exemple, les enfants sont accueillis du CM2 à la terminale. Bien qu´optionnelle, cette entrée anticipée dans le secondaire a toutes les chances d´augmenter la réussite des élèves.
En plus des souplesses quant à l’âge d’entrée et de sortie des élèves dans le primaire, les différences régionales minimisent à leur tour l’impact du tronc commun.
La compétence éducative relève des Länder. Ainsi, d’une région à l’autre, et même d’une école à l’autre, les rythmes scolaires comme les programmes diffèrent: Halbtagsschule ou Ganztagsschule, cours de religion ou d’éthique, choix des programmes et des manuels…
Basée sur une vision romantique de l’enfant encouragé à découvrir le monde et à s’épanouir à son rythme, la souplesse de fonctionnement des Grundschule masque le lourd couperet qui ne tombe que quelques années après la rituelle Einschulung (entrée dans le primaire) : la Gymnasiumsempfehlung (autorisation ou recommandation afin d´intégrer le collège/lycée).
En effet, dès 10 ans, le directeur d’école prend la décision d’autoriser l’enfant à poursuivre sa scolarité jusqu’à l’Abitur. En cas inverse, l´enfant est orienté vers une formation plus courte, Realschule ou Hauptschule. Si les passerelles existent, elles restent le plus souvent théoriques. Bien que le système y incite a priori, trop rêver sur les bancs de l’école peut être durablement sanctionné...
Caroline du Bled
[1] L’enquête PISA (Programm for International Student Assessment) évalue les compétences en compréhension écrite, sciences et mathématiques d’enfants de 15 ans parmi les 41 pays de l’OCDE. Si elle ne concerne pas directement les écoles primaires, elle est un bon indicateur de la maîtrise des acquits fondamentaux des savoirs par des élèves. www.pisa.oecd.org
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bonjour : je voudrais bien les adresses des femmes allemande seule à berlin,hambourg,bonn dresdin,mannheim.
danke schonn .
gutes neues jahr .2010.
unterschrift :a/k