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Les Télécom en dérangement ?

 

Deutsche Telekom, France Télécom : deux grands noms du secteur des télécommunications qui défraient régulièrement la chronique des mouvements sociaux. Des deux cotés du Rhin, les géants du secteur procèdent en effet à des restructurations plus ou moins bien acceptées par leurs salariés.

 

Vues de loin, les situations ne semblent pas très différentes. Les deux groupes  affichent des résultats positifs, même si ceux de Deutsche Telekom sont en baisse. Mais, face à une concurrence de plus en plus forte sur des marchés presque saturés, la réduction des coûts est une priorité.


Dans le détail, les situations se révèlent plus variées. En effet, Deutsche Telekom et France Télécom sont deux anciens opérateurs nationaux. Dans les deux cas, l’État détient encore 30% du capital directement ou indirectement via des établissements publics idoines. À ce titre, ils comptent encore un nombre important de fonctionnaires parmi leurs salariés. L’objectif commun des deux directions est de faire baisser ces effectifs très bien protégés, et donc très chers. Mais les instruments à leur disposition ne sont pas les mêmes. France Télécom est ainsi autorisée à « transférer », avec leur accord, ses fonctionnaires à l’État (1000 prévus en 2007), possibilité interdite à Deutsche Telekom.


Parallèlement, l’opérateur français veut que ses salariés soient plus mobiles et acceptent de se reconvertir dans des secteurs plus porteurs. 22 000 emplois doivent ainsi être supprimés d’ici à 2009 pour en créer 6000 ailleurs. France Télécom promet d’y arriver sans licenciements secs. Mais les syndicats de l’entreprise dénoncent « les pressions psychologiques exercées par la hiérarchie » pour pousser à la reconversion ou à la démission.


Le plan de Deutsche Telekom passe, lui, par un changement de statut de certains de ses salariés. Plus de 50 000 d’entre eux (dont 22 000 fonctionnaires) doivent être transférés à sa filiale T-Service, qui propose des conditions de travail bien moins avantageuses. Les salariés concernés verraient en effet leur temps de travail hebdomadaire passer de 34h à 38h en même temps que leur salaire serait diminué de 9%.

 

Ces différences expliquent-elles l’inégale mobilisation des salariés des deux côtés du Rhin ? Alors qu’en Allemagne, une grève illimitée est menée depuis le 11 mai, en France, seules quelques manifestations et jours de grèves isolés ont été organisés. Patrick Ackermann, délégué syndical central adjoint chez Sud, avoue « qu’une grève reconductible a peu de chance d’être organisée chez France Télécom. On ne sent pas les salariés prêts à un mouvement dur ». Mobiliser de nombreux salariés est aussi plus difficile dans une entreprise où plus de six syndicats sont représentés, alors que chez Deutsche Telekom un seul syndicat suffit pour mener la grève : Ver.di.

Jan Jurczyk, son porte-parole, souligne que le plan proposé par Deutsche Telekom est aussi bien plus dur que celui de France Télécom. Le syndicat allemand affirme cependant être ouvert à la négociation et être prêt à accepter « soit des baisses de salaire, soit des augmentations du temps de travail, mais en aucun cas les deux ». Dans ce contexte, pourquoi les salariés des deux entreprises si proches, même dans leurs difficultés, ne se coordonnent-ils pas ? Chez Sud, on s’est ainsi contenté d’un communiqué de soutien aux salariés allemands. Soutien « bien reçu par Ver.di », selon Jan Jurczyk . Mais aller plus loin semble difficile. Pour Patrick Ackermann, « les problèmes culturels entre les deux pays et la division du syndicalisme français » sont encore deux obstacles insurmontables.


JEAN-BAPTISTE CHASTAND








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Stefan Ferney /// Monday, 09-07-07 11:02

"L’objectif commun des deux directions est de faire baisser ces effectifs très bien protégés, et donc très chers." Le harcèlement dont sont victimes certains salariés de France Telecom (suicides EDF,France Telecom, Renault...) concernent aussi bien des agents de statut privé que public.
Vérifiez vos infos, auprès des personnels de DT ou FT, ceci évitera des inexactitudes ou approximations.

 
 

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