Voici un recueil de nouvelles d’un genre inédit : 500 histoires, et aucune ne fait plus d’une page et demi, recto verso. Un gros « mille-feuilles », donc, dont chaque couche dessine une esquisse frêle et cruelle. 500 fragments de vie, le temps de saisir les personnages, de bâtir une petite hutte narrative (à défaut d’un château tolstoïen), et la page est tournée pour de bon. Reste la truculence, le sens de la formule qui fait mouche et de l’outrance salutaire. Chaque histoire est une sorte de blague étirée, qui a le temps, entre l’accroche et la chute, de laisser enfler tous les travers de la société comme un soufflé, les propulsant dans un imaginaire déformé, féroce, et désopilant. D.F.