Publiée pour la première fois en 1998, cette œuvre est une pure merveille, la plus lyrique de Nizon, rythmée comme une partition, un souffle qui va et vient au gré des descriptions de la ville éternelle, un chant au titre tout trouvé. Inspirée par le séjour de Nizon à Rome, l’histoire de ce jeune homme pourvu d’une bourse dans la capitale italienne n’a pourtant rien de spectaculaire. Mais l’autofiction est ici servie par un magnifique travail d’écriture. Et il en faut pour une narration quasi absente, un héros qui n’en est pas un, dans une ville qui « n’existe pas ». Devant les splendeurs de la ville éternelle, l’auteur cherche à « apprivoiser la syllabe au vol capricieux », et y parvient.
C.R.
Paul Nizon, Canto, traduction de l'allemand par Georges Pauline, Editions Jacqueline Chambon, 2007