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Alors que le cinéma allemand connait un regain d’intérêt avec deux films sélectionnés cette année au festival de Cannes, La Gazette de Berlin a rencontré Wim Wenders lors de la re-projection à Berlin des Ailes du désir. L'occasion de revivre l’histoire d’une ville, et d’un pays, à travers les yeux de l’un de ses cinéastes les plus talentueux.





Alors que l'on fête le 20ème anniversaire des Ailes du désir, alors que le Mur est tombé, que l’Allemagne est réunifiée, pensez-vous que le film soit encore d'actualité?

Je répondrais différemment pour un public français, mais ici, à Berlin, il faut savoir qu'il y a encore un public qui n'a pas pu voir le film à l'époque… La moitié des spectateurs vivait à Berlin-Est où le film n’avait pas été projeté. Après la chute du Mur, on ne pensait pas à regarder des films: il fallait reconstruire la ville. Aujourd'hui, je crois que c'est l’occasion pour plein de gens de le découvrir, vingt ans plus tard. C’est vrai, les circonstances ont changé : il n’y a à présent qu'un ciel au-dessus de la ville et non deux. Mais le nouveau public peut ainsi voir ce que désiraient profondément les gens de l’époque. C'est important pour la mémoire des habitants et de la ville. Vous savez, après la chute du Mur, Berlin avait tellement hâte d’effacer toutes les traces… C'est comme ça. Les Allemands ont une étrange façon de traiter la mémoire. C'est donc une bonne chose que le film ait l'occasion de ressortir.

 

 

Justement, vous traitez souvent de la mémoire dans vos films, que ce soit dans Paris, Texas, Les Ailes du Désir, ou plus récemment dans Buena Vista Social Club ou The Soul of a Man: la mémoire historique, la mémoire des gens, des choses, d’un pays ou d'une ville. D'où vous vient ce rapport particulier à la mémoire ?

La mémoire m'intéresse beaucoup plus pour ce qu'elle apporte à l’avenir que pour des raisons nostalgiques. Je me fiche de la mémoire d’un fait ou d’une chose qui n’a plus de conséquences aujourd'hui. Mais voir ce qu'était Berlin, il y a 20 ans, c'est important pour l’avenir de Berlin! C'est une ville qui, encore aujourd’hui, continue de se transformer. Ce n'est pas une ville définie, comme la plupart des grandes villes européennes. Berlin, déjà à l’époque, avait un énorme désir de changement. Berlin avait une vraie volonté de vivre autre chose, une vraie volonté d’imaginer autre chose. C’était, évidemment, une idée folle ! Personne dans l'équipe n’aurait pu dire que le Mur tomberait aussi vite, ou que l'on pourrait, même vingt ans plus tard, projeter ce film à Berlin Est. Il faut se représenter les circonstances pour pouvoir comprendre: par exemple, dans le film trois plans ont été tournés à Berlin-Est, illégalement, bien sûr. Il s'agit de ces longs plans de travelling, les seuls plans que l'on a pu tourner à Berlin-Est. Ils sont très importants. Eh bien l’homme qui les a réalisés n’a pas pu, à l’époque, apparaître sur le générique à cause du danger que cela représentait.

 

 

Votre ami et acteur principal des Ailes du désir, Bruno Ganz, a récemment reçu la légion d’honneur des mains de l’ambassadeur français en votre présence et celle de Jeanne Moreau. Vous êtes vous même francophone et francophile… D’où vient votre rapport particulier à la France ?

J'ai appris le français quand j’étais adolescent. C’était ma deuxième langue après l’allemand. C’est en France que j’ai effectué mon premier voyage à l’étranger. Mais surtout, c’est au travers de la cinéphilie française que j’ai connus le cinéma… et même le cinéma allemand ! C'est dans une cinémathèque de Paris que j’ai pu découvrir les films de Fritz Lang par exemple. Tout mon désir du cinéma, je le dois en quelque sorte à la culture française. Par ailleurs, je travaille souvent en collaboration avec le centre Georges Pompidou. J'ai tourné récemment pour eux un film sur le couturier japonais Yogi Yamamoto. Un film dont je suis très fier.

 

Profitez-en pour (re)voir „Les ailes du désir“, Hackesche Höfe, Neue Kant Kino, Kino in der Kulturbrauerei, Moviemento Berlin, Central Hackescher Markt Berlin.

 

 

Propos recueillis par Paul- Flavien Enriquez-Sarano








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mvtqj /// Montag, 23-06-08 14:05

mieux vaut tard que jamais Jean Chistophe!!

 

jean-christophe /// Samstag, 21-06-08 12:12

je viens de découvrir votre site, je connaissais le journal (que je lisais déjà avec plaisir) et je n'avais jamais fait l'effort de venir voir votre site.

Félicitation!
C'est élégant (bien qu'un peu bordélique, ça manque parfois un peu de clarté!) et surtout pratique, surtout la possibilité de consulter tous les articles dans les archives.

Bravo!

Continuez comme ça!

 

nomeansno /// Donnerstag, 05-07-07 21:20

Et oui déjà vingt ans... Dommage qu'il n'y ait pas un petit mot quand même pour Solveig Dommartin, disparue cette année, trapéziste poétique qui fait que Damiel veuille devenir mortel.. et ancienne compagne de Wim Wenders à l'époque...

 

étoile /// Donnerstag, 05-07-07 13:33

Bonjour,
Tout d’abord je me présente, je suis Valentina Miraglia, chercheuse en thèse de doctorat à l’Université de Limoges.
Suite à l’invitation au colloque d’Urbino (Italie) qui aura lieu du 16 au 18 Juillet dont le titre est : « La part de l’ange. Entre sémiotique et esthétique », je me suis alors décidée à écrire sur « Les ailes du désir » pour parler du vertige du cinéma et de l’impossibilité de le décrire vraiment. J'aurai besoin de votre aide pour avoir claire certains details du film. Voici mes questions:
Combien de caméras étaient présentes sur le tournage, par ailleurs, je me demande avec quelle caméra le film a été tourné, une Arri, mais laquelle précisément. Je voudrai savoir si Wenders a utilisé pour certains prises le Louma (comme pour l'Ami americain), et la dolly. J'ai trouvé une photo où Agnès Godard (cadreuse) portait la caméra à l'époule, quels plans ont étés tournés ainsi, , ;;?
J'essaye d'entrer en rélation avec Agnès Godard, mais en ce moment elle est très occupée. Avez-vous l'e-mail de Wim Wenders. Je sais qu'il est en Sicilie et je suis sicilienne...
Merci encore, et mes salutations distanguées

valentina miraglia
CeReS de Limoges
Faculté des Lettres et Sciences Humaines

 
 

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