C'est sans surprise que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque Centrale Européenne, a laissé le taux principal de refinancement à 3,75 % inchangé. Lors de la conférence de presse à Francfort le 20 avril dernier, le garant de la monnaie européenne a en revanche déclaré envisager une hausse d’un quart de point pour le mois de juin. Conséquence directe : l’accroissement d’un euro déjà au sommet par rapport au dollar, à 1,36 dollar pour un euro.

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 Bienvenue à la Banque centrale européenne. Jean-Claude Trichet prévoit une hausse des taux pour le mois de juin.
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La BCE, rassurée par une inflation assez faible et de solides perspectives de croissance dans la zone euro, a donc décidé de laisser le taux de refinancement inchangé jusqu’à l'été. Les taux d’intérêts sont à leur niveau le plus élevé depuis décembre 2005 après sept hausses successives d’un quart de point.
La fixation du taux de refinancement est l’instrument principal de la politique monétaire de la BCE, puisqu’elle contrôle « par le haut » les différents taux d’intérêts pratiqués par les banques. Un taux d’intérêt faible contribue en théorie à une croissance élevée, puisqu’il encourage l’investissement et la consommation.
La BCE poursuit un objectif majeur : contenir la hausse des prix (légèrement inférieure à 2% par an). Cette politique restrictive mise en œuvre grâce à des taux de refinancement élevés est la cause principale de l’euro fort. Ce dernier, mis en cause, entre autres, par M. Sarkozy, serait responsable d’une baisse de compétitivité à l’export. En effet, la balance commerciale française fait grise mine. Ce qui n'est pourtant pas le cas en l'Allemagne. Ici, la vigueur de l’euro est au contraire bien accueillie et ne handicape en aucun cas la balance commerciale, qui enregistre un surplus de 160 milliards d’euros ! Un euro fort est par ailleurs avantageux à l’import, ce qui atténue en particulier la hausse du prix du pétrole.
En décidant d’augmenter le taux de refinancement dès juin, la BCE se borne à suivre les traités européens lui imposant avant tout de maintenir une inflation faible. Une interrogation demeure, notamment côté français : celle d'une réforme de ces traités et de l’instauration d’une réelle gouvernance économique commune.
Vincent Boche et Philippe Dialo