En votant utile, les Français ont encore une fois su étonner leurs voisins allemands. Et gagner par la même occasion les lauriers de bon citoyen…
«La véritable surprise de ce premier tour c’est qu’il n’y a pas de surprise», ironise Albrecht Meier du Tagesspiegel. Victoire assurée du chef de l’UMP, avantage tactique de Royal: les journaux allemands sont divisés dans leurs pronostics. Seule variable à faire l’unanimité : l’importance de François Bayrou, le centriste devenu «arbitre», «faiseur de roi» voire même «troisième vainqueur».
Mais combien de vainqueurs y a-t-il donc dans cette élection ? Car si l'on en croit de nombreux éditorialistes, c’est la France elle-même qui a gagné : «La démocratie française vit, et comment !», se réjouit Ruth Berschens du Handelsblatt. «La ruée historique vers les urnes et le rejet clair de Jean-Marie Le Pen» démontrent selon elle «la qualité de la campagne».
Axel Veiel de la Berliner Zeitung voudrait même «taper dans le dos» des électeurs français pour les féliciter d’avoir fait «eine gute Wahl» - un bon choix, mais aussi une bonne élection. Pour lui, «les Français ont reconnu le sérieux de la situation. Quel que soit le vainqueur le 6 mai, ce sera pour elle ou pour lui un bon point de départ.»
Le Financial Times Deutschland est loin d’un tel optimisme : «Ainsi, la droite et la gauche se font de nouveau face à face, irréconciliables. Le duel ne pourra que faire retomber la France dans le vieux schéma politique qui la paralyse depuis des décennies.»