Tout au bout de la ligne 588, après les deux petites écoles, encore derrière le point d'eau, se trouve le foyer de demandeurs d’asile de Belzig. Dans cette campagne fleurie du Brandebourg, 200 personnes de 63 nationalités attendent dans des bungalows blancs la régularisation de leur situation. Soixante d’entre elles arrivent d’Afrique : l'Asylantenheim est souvent une station obligée pour rejoindre la communauté des quelque 300 000 Africains d’Allemagne. Attention, danger d'enlisement.
Mistra Kuipou Tchiendja vient d’arriver. A bientôt 21 ans, ce jeune athlète camerounais a grimpé en décembre dernier dans un paquebot du port de Douala, pour une traversée de plus d’un mois. Direction : l'inconnu. « Je ne savais pas si j’arrivais en France, à Dublin ou ailleurs. » Le sort a décidé. "Quand j’ai débarqué, tout était changé, tout était bruyant…" C'était Hambourg. Des Africains sur place l'aident dans ses démarches. « Il y a d’abord un entretien au ministère des Affaires étrangères ». Avec un interprète, il explique les raisons de sa fuite, avant d'être dirigé vers le foyer de demandeurs d'asile.
Comme pour beaucoup, commence alors un long parcours du combattant, de la demande d’asile à son obtention… ou son refus. Un parcours pendant lequel les résidents, munis d'une simple Duldung ("tolérance" c'est-à-dire une « suspension temporaire de l’expulsion) ne sont habilités ni à travailler, ni à étudier. Un parcours qui dure, le plus souvent, une dizaine d’années. La vie au foyer est difficile. Non pas que les conditions matérielles soient particulièrement mauvaises – depuis la baisse drastique du nombre de demandeurs d’asile en 2004, les gens sont plutôt bien logés, le foyer propose toutes sortes d’activités, des concours de cuisine aux excursions à la patinoire. Des machines à coudre, une salle de musculation, un babyfoot sont à la disposition des réfugiés. Malgré tout, l’endroit dégage une étrange impression de désert des Tartares…voire de prison. « C'est comme si on mourrait doucement », explique Mistra. Tu ne penses plus comme avant, tu as du mal à te concentrer sur un livre … Comme si on n’avait pas de mains, pas de tête, pas de pieds… »
Très engagée, la petite équipe de travailleurs sociaux qui gère le foyer a pourtant peu de moyens. « On essaye d’empêcher que les gens ne deviennent malade psychiquement avec toute cette attente », explique Rose Dittfurth, travailleuse sociale du foyer. « Mais comment organiser de vrais cours de langue sur la base du bénévolat ? Chaque fois que nous réussissons à mettre quelque chose en place, c’est en nous faufilant par un trou du système… » Les résidents touchent un salaire de base de 178, 199, ou 319 euros par mois, en fonction de leur situation familiale, du temps qu’ils ont passé au foyer, et de leur degré de coopération. Le foyer les rémunère aussi pour de menus travaux, peinture, jardinage, entretien, 1,05 euro de l’heure. Près de 200 000 personnes résident sur le territoire allemand avec une « Duldung », dans l'attente de la lente finalisation de leur dossier.
En 2005, la loi sur l’immigration (Zuwanderungsgesetz) s’est encore durcie, en restreignant l’accès aux permis de travail. D'après Rose Dittfurth, « La plupart de ceux qui avaient réussi à être indépendants ont perdu d’un coup leur emploi. Elles ont dû se rapatrier au foyer avec de nombreuses dettes, des contrats de téléphone portable impayés, des crédits engloutis…C'était dramatique pour les gens. »
Chantal Kakanou quittera le foyer dans une semaine, huit ans après son arrivée.
Chantal Kakanou, camerounaise également, s’est battue pour faire venir ses deux fils en Allemagne. Mère d’une troisième petite fille avec un Allemand, elle va bientôt quitter le foyer pour déménager à Hambourg, ses papiers en règle. « Maintenant que je peux travailler, je veux faire quelque chose de grandiose là-bas ! » Une réussite qui n’efface pas les difficultés du foyer : « le racisme est omniprésent dans les petites villes », explique-t-elle « On divise les gens ! » Le foyer a souvent été l’objet d’attaques de groupes néo-nazis, qui ont, en 1993, causé la mort d’un de ses membres. « Maintenant, depuis 2002 environ, ça va beaucoup mieux. », tempère M. Kuligk, le directeur du foyer. « On a même installé un café rencontres dans la plus belle avenue de la ville, pour que les habitants de Belzig côtoient les gens du foyer. » Pourtant, des voisins ont jeté leurs déchets par-dessus l’enceinte du foyer.
Depuis le 13 mars dernier, le gouvernement Merkel a accordé des droits de séjour aux immigrés pouvant justifier d’un emploi en 2009 et résidant sur le territoire depuis plus de dix ans. Pour Mistra, encore près de 9 ans à attendre…
Bonjour,
Je suis Francais vivant a Berlin et je cherche quelqu'un qui pourrait me faire des dreadlocks.
Je parle tres peu allemand alors si ce quelqu'un pouvait parler francais anglais ou español ce serait le mieux.
Merci d'avance.
Arno
Hakim /// Sonntag, 20-07-08 23:31
bonjour tres content pour votre site web
en effet moi je suis camerounais âgé de 16 ans , j'aime le foot et je joue aussi . j'aurais besoin de votre soutien , mais je ne sais pas comment puisque que je n'ai pas de moyen financiers . c'est à dire je reve de jouer dans la bundesliga mais ici j'ai un avenir incertain avec l'etat actuelle des choses au pays .
merci infiniment
sehr geehrte damen und herren,
ich bin ein algerien mannlich und bin 37 jahr alt und ich versuche nach deutschland immigrieren und arbeiten, wie sie sehen ich schreibe und ich rede deutsch, ich mochte handwerk wenn das moglich ist.
mit freundlichen grussen
coeur_fidel2008@yahoo.fr