imprimer   12.02.2012 
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Déjà sacré champion de France, à la tête de Rouen et champion d’Italie, Benoit Laporte, 46 ans, vient d’ajouter une nouvelle ligne à son palmarès. L’entraîneur montréalais a hissé l’équipe de Nuremberg en finale du championnat de hockey sur glace de première division allemande. Une véritable performance pour le club bavarois. Ancien international français, Benoit Laporte (sans accent sur le « i »), lui, voit déjà plus haut.

 

La finale, après seulement deux années à la tête de Nuremberg, c’était votre objectif ?

Pas du tout. Cette saison devait préparer la prochaine où notre but était d’arriver en finale et de gagner. On a pris de l’avance. Cette année, nous visions les demi-finales. C’était déjà ambitieux. Ça faisait neuf ans que Nuremberg n’était plus arrivé à ce niveau de la compétition. C’était vraiment une bonne surprise.

 

En finale, vous avez frôlé la surprise lors du premier match*, en déplacement à Mannheim.

On a vraiment bien joué. Mais l’arbitre a fait deux grosses erreurs qui nous ont coûté cher. On s’est retrouvé en sous-effectif sur la glace. Mannheim en a profité pour marquer un but à cinq minutes de la fin de la prolongation. Ça nous a mis un coup au moral.

 

Au final, Mannheim s’impose trois victoires à zéro et remporte un nouveau titre. Quelle a été la réaction de vos protégés ?

Après le dernier match ils étaient extrêmement déçus. On ne peut jamais se satisfaire de terminer deuxième. Mais après deux, trois jours de recul, les joueurs se sont quand même rendu compte qu’ils ont fait un parcours exceptionnel. D’autant que nous avions trois joueurs importants qui étaient blessés.

 

Vous êtes né à Montréal, mais vous avez joué pour l’équipe de France et participé notamment à deux Jeux Olympiques.

Quand je suis arrivé en Europe, je me suis marié avec une Française. C’était en 1983. J’ai obtenu mon passeport français et j’ai pu défendre les couleurs de la France. J’avais commencé ma carrière de joueur au Canada, comme junior. J’ai joué pendant quatre ans pour Toronto. Puis j’ai rejoint le club de Briançon (Hautes-Alpes, ndlr) pour cinq ans. Je suis ensuite arrivé à Rouen.

 

Où vous avez débuté votre carrière d’entraîneur…

J’ai encore joué cinq ans puis, juste après les Jeux Olympiques de Lillehammer et les Championnats du monde en Italie, j’ai mis fin à ma carrière. C’était en 1994. J’ai alors pris la tête de l’équipe. Ca a duré trois ans.

 

Comment expliquer le manque de popularité du hockey sur glace en France, en comparaison avec l’Allemagne par exemple ?

En France, il y a beaucoup de bons joueurs, de belles patinoires, des entraîneurs qualifiés. Tout ce qu’il faut en fait. Je crois surtout que le hockey a besoin d’une meilleure couverture médiatique.

 

Et que pensez-vous de l’équipe nationale ?

Il y a eu un creux pendant un long moment. Beaucoup de bons joueurs ont pris leur retraite. Mais les jeunes ont pris la relève. Et la preuve que le niveau revient, ils viennent de gagner les championnats du monde de 2e division et retrouveront donc les meilleures équipes du monde l’année prochaine.

 

Vous gardez toujours un œil sur les performances des Bleus ?

On ne peut pas avoir appartenu à l’équipe nationale pendant sept ans et l’oublier du jour au lendemain. C’est impossible.

 

A Rouen, mes jours étaient comptés…

 

Pour en revenir à votre carrière d’entraîneur, votre période à Rouen terminée, vous vous êtes tourné vers la Suisse…

J’ai rejoint le club de Lausanne pour trois ans, puis je suis parti en Italie. J’ai entraîné de nouveau pendant trois ans, puis je suis arrivé en Allemagne au club de Augsbourg, juste avant de rejoindre Nuremberg. Mon départ de Rouen, c’était un concours de circonstances. J’avais toujours été plus ou moins en désaccord avec le président de l’époque, même quand nous étions joueurs. Quand j’ai commencé à m’occuper de l’équipe de Rouen, je savais déjà que mes jours étaient comptés. Mais c’était un mal pour un bien. Ça m’a permis de tenter l’aventure à l’étranger.

 

Et ça vous a plutôt bien réussi. Vous êtes encore sous contrat pour deux ans avec Nuremberg. Vous visez le titre ?

On avait fait plusieurs changements dans l’équipe en début d’année et on a progressé. Il faudra d’abord essayer de confirmer et pourquoi pas, jouer le titre. Mais maintenant on est attendu. Ce sera dur. Le championnat d’Allemagne est, par sa densité, l’un des plus relevés d’Europe.

 

Pour vous Montréalais de naissance, entraîner au Canada est-il un objectif ultime ?

C’est la question que tout le monde me pose. C’est sûr que si on me proposait un jour d’aller entraîner en Amérique du Nord, je réfléchirais. Mais honnêtement, je suis en Europe depuis 22 ans et j’adore la vie, ici. Mon avenir, je le vois ici. Mon but, ce serait de prendre la tête d’une équipe nationale.

 

Recueilli par Julien Bels, notre correspondant à Munich

 

* La finale de la DEL (Deutsche Eishockey Ligua) se joue au meilleur des cinq matchs. Trois victoires sont nécessaires pour obtenir le titre.








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