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 Big Mother will be watching you !
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Des agents de la police criminelle s’adonnent à une fouille en ligne secrète d’ordinateurs privés, d’autres mènent une investigation par recoupement grâce à la comparaison automatisée des données électroniques de tout un chacun. Les conversations téléphoniques sont sur écoute, les empreintes digitales enregistrées sur les passeports biométriques accessibles aux bureaux de déclaration de domicile. Le scénario du prochain film de Florian Henckel von Donnersmarck, le réalisateur de «La Vie des autres» ? Non, l’Allemagne de demain, si les dernières propositions du ministère de l’Intérieur Wolfgang Schäuble (CDU) sont appliquées.
Suite aux menaces d’attentats formulées fin février par des groupes islamistes demandant à l’Allemagne de retirer ses troupes d’Afghanistan, le gouvernement allemand a décidé de vérifier la fiabilité de sa politique de sécurité et de prendre les mesures supplémentaires nécessaires à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.
La surveillance préventive représente pour la vice-présidente du groupe parlementaire de gauche (die Linke) «le pas de l'État de droit à l'État de surveillance». Chacun pourrait être surveillé au nom de la prévention. «Le peuple n’est plus considéré comme souverain mais comme criminel», souligne Petra Pau. Les deux autres partis d’opposition, les libéraux du FDP et le parti des Verts allemands (die Grünen), refusent aussi cet actionnisme législatif et ce fanatisme sécuritaire.
Le SPD - partenaire de la CDU au sein de la coalition gouvernementale - exprime bien une certaine réticence à recourir préventivement aux diverses banques de données, mais sans vraiment s’offusquer de cette atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, incompatible avec les jugements de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. A bas la présomption d’innocence et vive la liberté surveillée par un Etat policier ?
Pour l’instant, le gouvernement allemand se contente d’optimiser le fichier antiterroriste central lancé début mars et partagé par les services de police et de renseignements. Mais il ne serait en rien étonnant que de nouvelles mesures de sécurité soient prises dans le cadre de la préparation du G8 qui aura lieu au nord de l’Allemagne en juin prochain.
Charlotte Noblet
Voir aussi :
>> L'Eurobaromètre de La Gazette de Berlin
>> En bref
>> La Révolution en stand by ?
>> Encadré chronologique
>> Le premier mai, fais ce qu’il te plaît
>> Les présidentielles dans la presse allemande : le premier tour
>> Chronique historique
>> « Cela ne correspond pas à notre conception de l’humanité »
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Eté 2006, pendant que l´Allemagne se baignait dans sa renaissance identitaire et se présenter au monde entier comme tolérante, les politiciens faisaient passer une nouvelle loi(interdite par les alliés à la fin de la deuxieme Guerre Mondial) qui permet au Bundesnachrichtendienst (BND) d´utiliser les données de la police. Historiquement, L´Allemand avait peur de l´état, de nos jours la tendance est que l´état a peur du peuple.Une avancée démocratique? Pas certain en sachant que la base américaine implantée à Bad Aibling (Bavière) serait l’une des plus importantes stations d’écoute et d’interception des communications électroniques du système Echelon en Europe.
Merci la loi G10, merci de vouloir nous vendre la peur afin de mieux nous surveiller.