Tendez l’oreille… Vous entendez la rumeur enfler ? Le buzz monte, dépasse largement les frontières de leur Canada d’origine : Malajube, après avoir eu l’effet d’une bombe (à eau) sur la scène rock de Montréal, est parti à la conquête du monde. Tournée marathon qui est passée à Berlin et repassera par Munich : l’occasion de rencontrer Julien, le chanteur. Portrait d’un groupe jouissif, d’une fraîcheur et d’une lucidité étonnantes, qui aime une chose : la musique.
En 2004 sortait « Compte complet », résultat des efforts ludico-musicaux de quatre amis qui jouent ensemble pour lutter contre le froid de Montréal. Seulement voilà, le disque parvient aux bonnes oreilles, et l’opus fait des ravages sur les ondes canadiennes, puis américaines. L’aventure de Malajube commence, en même temps qu’une tournée marathon qui ne s’interrompra que le temps de l’enregistrement du deuxième album, « Trompe l’œil », qui durera « trois mois tout de même », rappelle Julien : « Pour la première fois, tout s’est passé dans de très bonnes conditions. On avait du temps, et on était entièrement libre de faire exactement ce dont on avait envie. » Le succès est toujours au rendez-vous, et on aurait été surpris du contraire.
Parce que Malajube, c’est du rock, entre punk et pop bonbon, influencé par « Mc Cartney, Led Zeppelin », aux textes francophones surréalistes et fantaisistes. Leur deuxième album est un concentré de 40 minutes où se pressent mélodies accrocheuses, guitares enthousiastes, basse trépidante, batterie déchaînée et clavier pop, entre amour des Beatles et fougue juvénile. Même le prestigieux et exigeant New York Times s’est incliné devant « leurs mélodies appuyées par des arrangements dynamiques extrêmement joyeux ». Oui mais… ne pas se fier aux apparences, telle pourrait être la devise de nos Canadiens, cf. le titre de leur dernier album. La fraîcheur et l’insouciance qui se dégagent de leurs compositions pourraient volontiers dissimuler d’autres qualités et d’autres obsessions. Celle de la mort et de la maladie par exemple. « Malajube, ça commence par ce qui va mal : maladie, maladroit… et les jujubes, ce sont des bonbons, très colorés (l’équivalent québécois de nos Gummibärchen d’adoption, d’après nos recherches… ndlr). C’est donc un mélange entre la joie extrême et tout le reste, tout ce qui n’est pas la musique », explique Julien, visiblement fatigué après le concert de la veille et la journée d’interviews marathon. Nos jeunes gens portent un regard implacable sur le milieu musical : « On adore ce qu’on fait, je fais le métier que j’aime ; mais ça implique de faire des choses que je juge parfois absurdes : jouer à 16h au fin fond du Texas, monter sur scène quand on est littéralement épuisé ou malade… » Bon, mais que cela ne gâche ni leur plaisir ni le vôtre : « Notre enthousiasme pour la scène est intact, malgré la répétition, grâce à l’énergie du public surtout ; et on a déjà assez de morceaux pour nourrir un troisième album. » Qu’on se le tienne pour dit, l’aventure des Malajube ne fait que commencer…
Aurore Peyroles
En concert privé à Berlin le 30 avril, en concert tout court à Munich le 2 mai (à l’Orange House à 21h)
Sortie du disque « Trompe l’œil » le 4 mai
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