

Non, il ne sera pas question de jeunes aux cheveux longs et aux pieds nus : les 17 Hippies ne sont ni 17, ni des adeptes du "Flower Power", mais bien un groupe de musique berlinois ultra énergique, d’une bonne humeur communicative. C’est par une très belle journée de printemps que nous découvrons leur antre. Dans les grandes salles inondées de soleil, l’animation du départ règne : on fait ses valises, on emballe les instruments… car à peine rentrée d’Espagne, la troupe repart dès le lendemain à la conquête de l’Hexagone. Avant de s’attaquer à l’Allemagne, pour une tournée fleuve. La blonde Kiki nous reçoit avec une gentillesse désarmante et nous parle – dans un français parfait ! – de leur aventure.
Plus world music, impossible : les 17 Hippies manient accordéon, contrebasse, trompettes, guitares, ukulélés, bouzouki (instrument grec de la famille du luth, pour info…) et bien plus encore. Ils ont sillonné le monde, du Japon au Texas, en parcourant tous les recoins de l’Europe, donnant des concerts pétillants.Les frontières de leur inspiration ? Aucune, ils puisent dans le répertoire festif mondial : musique klezmer, bourrée auvergnate, conjunto mexicain, chansons corses et polonaises… Eclectisme vous dites ? « On adore voyager, c’est vraiment une chance immense de pouvoir découvrir autant de choses. Ce qui nous intéresse, ce sont les différences, on les absorbe pour évoluer, on s’en nourrit…»
L’aventure commence en 1995, en marge des maisons de disques, quand des amis se retrouvent dans une péniche de Kreuzberg pour jouer ensemble et s’amusent à utiliser des instruments et des structures pour le moins saugrenus (la bourrée ne courre pas les rues de Berlin…): la plupart des musiciens venaient de la scène rock de Berlin Ouest, mais on avait envie d’essayer autre chose, comme ça, pour rigoler », se rappelle Kiki. Répétant en public, ils intriguent et attirent leurs premiers fans, d’abord désarçonnés par leur bric-à-brac hétéroclite : Tout le monde était étonné par ce qu’on faisait. » Mais cela plait, et nos 17 Hippies commencent à songer que l’aventure pourrait ne pas s’arrêter là. Aussitôt dit, aussitôt fait : le groupe monte sa propre structure, absolument indépendante. Ils s’occupent eux-mêmes de toutes les étapes de la production de leurs disques. « Même si maintenant une major venait nous demander de signer, on refuserait, c’est trop tard, on ne pourrait pas renoncer à la liberté totale qu’on a créée. De toute façon, notre musique n’est pas assez calibrée pour qu’une grande maison de disques s’intéresse à nous : personne n’arrive à saisir ce
qu’on fait ! »
Eux revendiqueraient volontiers l’appellation « musique festive », mais « la notion n’existe même pas en allemand ». Ici, pas de Debout sur le zinc ou de La Rue Kétanou locaux… Nos 17 Hippies défrichent seuls la voie : « On est devenu notre propre étiquette. » C’est que l’accordéon a encore mauvaise presse en Allemagne, dixit Kiki : « Tout ce qui vient de la Volksmusik suscite la méfiance ici. Le mot renvoie immédiatement au passé. » Le fait de chanter en allemand ne s’impose pas non plus comme une évidence : « Ce sont des Français qui nous ont demandé pourquoi on ne chantait pas dans notre langue. Pour nous, ce n’est pas si simple, surtout à l’étranger. Même ma génération vit avec le poids de la guerre. » Mais cette préoccupation ne bride pas la joie de vivre de nos hippies, heureux de vivre leur aventure, ici et maintenant. « Ce qui nous plaît, c’est faire ce que personne n’attend. » Dont acte !
Voir les dates sur www.17hippies.de
Aurore Peyroles
resultats entre 1 et 1 de 1
pourquoi ne rien dire de leur coopération avec les "Têtes raides"