

Comment envisagez-vous les relations franco-allemandes si vous êtes élu?
"Le traité d'amitié de l'Elysée signé le 22 janvier 1963 entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer a scellé la réconciliation entre nos deux nations qui, entre 1870 et 1945, ont été trois fois en guerre. C'est une bonne chose pour la France et pour l'Allemagne bien sûr, mais aussi pour le reste de l'Europe.
Aujourd'hui, cette amitié est compromise par le carcan euro-bruxellois. Les problèmes non résolus de l'entreprise Airbus en sont l'illustration.
Jusqu'à la chute du mur de Berlin, l'Europe du traité de Rome apparaissait comme une construction équilibrée respectant notamment les souverainetés de ses Etats membres et reposant sur la coopération entre deux pays fort différents l'un de l'autre mais de force égale : l'Allemagne était la grande puissance économique et industrielle, la France, la grande puissance politique du continent.
Cet équilibre a été rompu. Sous la présidence de monsieur Chirac, l'aggravation de son déclin économique et la perte de sa souveraineté fiscale, monétaire et militaire ont enlevé à la France sa prédominance politique en Europe. Les Français reprochent à l'Allemagne de s'être renforcée dans l'Union européenne à leurs dépens :
- sa réunification en 1990 a été financée en partie par les fonds structurels européens ;
- l'élargissement à l'Est de l'Union européenne lui ouvre des perspectives économiques et commerciales considérables ;
- la politique de l'euro fort, pratiquée par la Banque centrale européenne installée à Francfort sert les intérêts économiques allemands ;
- le renforcement des pouvoirs régionaux aux dépens des Etats nationaux centralisés comme celui de la France, correspond à l'idéologie fédéraliste allemande.
Les Allemands reprochent en revanche à la France de vouloir conserver ses spécificités : son agriculture, son statut de puissance nucléaire membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, sa présence dans le Monde, notamment en Afrique...
Pour maintenir l'amitié entre nos deux nations et même la renforcer, il faut construire une autre Europe que celle de Bruxelles, bureaucratique et supranationale, qui gomme ce qui constitue la principale richesse de notre continent : ses nations. Président de la République, je proposerai à nos partenaires européens et notamment à nos amis allemands, un nouveau Traité de Rome, fondant l'Europe des patries, respectueuse de la souveraineté et de l'identité de chacun de ses Etats membres, fondée sur la coopération et sur la préférence communautaire, une Europe européenne, donc sans la Turquie."
Comment comptez-vous améliorer la représentativité des Francais de l'étranger ?
"Il y a aujourd'hui plus d'un million et demi de Français installés à l'étranger. Pour beaucoup d'entre eux leurs liens avec la France se sont distendus, en témoigne l'abstention élevée. La fermeture des lycées français et des consulats, le projet de fondre dans une même représentation européenne les représentations diplomatiques de la France concourent à cet éloignement.
Pour améliorer la représentativité des Français de l'étranger, je renforcerai leurs liens avec la Mère patrie par la mise en oeuvre des mesures suivantes :
- établir le scrutin proportionnel aux élections législatives, ce qui permettra aux Français expatriés d'être représentés aussi à l'Assemblée nationale ;
- assurer la continuité de carrière des expatriés ;
- instituer la gratuité de l'enseignement dans les lycées français ;
- la création d'une véritable chaîne de télévision francophone reçue partout dans le monde (chaîne d’information, de culture, de divertissement)."
Qu´évoque l´Allemagne pour vous sur un plan plus personnel ?
"J'admire le redressement spectaculaire qu'ont effectué les Allemands dans les années 50 et 60, leur permettant de devenir alors la troisième puissance économique mondiale. En revanche, je déplore l'effondrement de leur démographie depuis plus de 30 ans qui s'apparente à un véritable suicide et je m'inquiète de ce que la France suive la même pente.
Mes souvenirs personnels sont liés au mur de Berlin, construit en 1961 par le régime communiste est-allemand pour empêcher leurs populations de passer à l'Ouest. J'ai connu Berlin avant le mur, Berlin pendant le mur, Berlin après le mur."