On ne sait pas. Ce qui se passe dans la tête de quelqu’un, réellement, complexement, on ne sait pas. C’est aussi pour ça qu’on parle, pour ça qu’on écrit, pour essayer de faire part, quand même, malgré tout, parce que l’être humain est un être prodigieusement seul et foncièrement social. Mais on ne saura pas. Pourquoi Günter Grass a décidé d’avouer dans son dernier roman son appartenance aux Waffen-SS à l’âge de 17 ans. Il explique, lui, qu’il n’en pouvait plus, qu’il fallait que ça sorte, il dit, c’est vrai, que ça lui pesait, mais avec une telle distance, avec un tel dogmatisme, qu’on ne sait pas, et il continue, inflexible, comme il l’a toujours été, de parler d’Adenauer, et des mensonges de cette époque, s’en excluant de facto… Est-ce qu’il devrait pleurer, ou s’excuser, pour qu’on le croie ?
La réalité est si difficile à saisir et à conserver. Comme un œuf sur le plat dont le jaune peut à tout instant, en passant de la poêle à l’assiette, crever. Toute sa vie, Grass a crié haut et fort : « Faites ce que je dis ! », puis il ajoutait, tout bas, pour que personne ne l’entende : « mais pas ce que je fais… » Peut-être qu’à présent pour lui, c’est la fin, la nuit des temps, la lune finale, celle-là, près des étoiles, qui n’est jamais la même, toute ronde et pleine ou fine comme une rognure d’ongle. Il a voulu finir sur un coup d’éclat. Etre soleil une dernière fois. Le soleil qui ne se coupe jamais en deux. Le soleil irrévocable. Le soleil éclairant les souvenirs, lesquels s’engloutissent dans la mémoire comme une pièce dans le sable. Stop, assez débattu. L’affaire G. Grass n’est pas une seconde affaire Dreyfus. Elle a polarisé les esprits mais il n’y a pas mort d’homme. A présent, plutôt que de juger et de s’interroger sur ce qu’on aurait fait à sa place, on peut se demander ce qu’on fait à la nôtre, concrètement, ici et maintenant. Ne passe-t-on pas notre vie à se sentir coupable, à feindre, à vouloir être parfait, à apprendre tout en essayant de faire croire qu’on sait déjà, à avoir mauvaise conscience ? La culpabilité, cette plaie occidentale. S’il y a bien une qualité que j’admire, c’est l’humilité. Etre humble, ce n’est pas être modeste ou se rabaisser : c’est être pleinement conscient de sa valeur, ni moins ni plus. Alors, ne s’estimant ni inférieur ni supérieur, un être peut agir, et prendre position, tout simplement. Sans être ni victime ni bourreau.
resultats entre 1 et 1 de 1
Le Layec Marc /// Montag, 16-04-07 17:15
Grass, Augstein, Nannen est.. font partie des jeunes frustrés du nazisme, ils n'étaient pas anti-nazis, mais toute une éducation a déteint sur eux. Ce ne sont pas non plus de petits saints.Augstein ancien rédacteur au journal SS das Reich, Nannen ancien adjoint de von Schirach.. ces derniers se sont vu confier des magazines par les britanniques. Curieusement, il n'ont jamais été des européens et plutôt francophobes que francophiles. De même, ils n'ont jamais été vraiment de gauche, surtout pas marxistes. En tant qu'anciens Sreibtischtäter nazis, ils ne pouvaient pas. Ils ont donc formé cette intelligencia des décus du nazisme et, leur ennemi était le catholique Adenauer.
Bein qu'Augstein ait fait ses classes dans la même école catholique que Goebbels.
Puet-on dire qu'ils étaient démocrates, ils étaient surtout anti-république de Bonn. Ils ont contribué à développer le doute et le désenchantement chez une partie de la jeunesse allemande, dont beaucoup avait soit perdu leur père à la guerre ou leur père et, parfois également leur mère, dans les camps.Puis, ils ont été effrayés par ce qu'ils avaient semé. Des esprits un peu simples, lisant le spiegel avec passion comme leurs pères avaient lu Mein Kamp, c'est à dire, sans savoir lire entre les lignes et sans esprit critique vis à vis de leur lecture, ont franchi le Rubicon et son entrés dans lOpposition extra parlementaire et une petite minorité se lanca dans la Rote Armee Fraktion. Evidemment désavoués par leurs grands-pères spirituels. C'est l'éternel Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais.Manque de franchise et de rectitude morale.Nietsche était passé par là.