Ils n’ont jamais fait autant parler d’eux. Les Français de l’étranger, subitement courtisés par les candidats à l’élection présidentielle, se sont vus propulsés sur le devant de la scène politique. Ségolène Royal et l’ancien ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier ont même fait le déplacement jusqu’à Berlin. Les Français d’Allemagne, contrairement à l’ensemble de Français de l’étranger, votent traditionnellement à gauche. Encore pour longtemps ?


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 Les Français d'Allemagne, ici en pleine Coupe du monde... Un vote bien particulier (photo: Bertrand Saint-Guilhem)
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Est-ce qu’en franchissant le Rhin, on voterait différemment ? On ne vote pas comme les autres en tout cas. Un trait distinctif frappe statisticiens, politiques et chercheurs : les Français d’Allemagne votent majoritairement à gauche. Plus que les Français des autres pays, plus que les Français « de l’intérieur ». Si tous avaient voté comme eux en 2002, Lionel Jospin aurait été confortablement élu président (le candidat socialiste avait obtenu 31,8 % des voix à Berlin par exemple). Pourtant les Français de l’étranger dans leur ensemble votent à droite. Selon la députée des Yvelines et porte parole de l’UMP Valérie Pécresse, « les deux tiers des Français à l'étranger dans le monde votent UMP ».
Les Français d’Allemagne auraient donc le cœur à gauche ? « Je pense que cette particularité est liée à la sociologie de cette population », analyse Yves Sintomer, chercheur au Centre Marc Bloch. « Bien sûr, en Allemagne, comme dans tous les autres pays, la communauté française compte dans ses rangs des cadres de grandes entreprises, des employés du personnel diplomatique, qui font partie de groupes sociaux dont le vote est traditionnellement conservateur. Mais, singularité allemande, beaucoup d’autres catégories socioprofessionnelles sont représentées : des conjoints au sein de couples binationaux et surtout des personnes qui exercent une activité intellectuelle et artistique. Autre élément, certaines familles des soldats français venus en Allemagne après la guerre sont restées, et elles viennent souvent de couches sociales plus modestes. » Un terreau favorable à la gauche. La proximité géographique et politique avec la France joue aussi en ce sens : « Quand on est plus loin, certains traits culturels peuvent ressortir, comme l’attachement à l’identité nationale par exemple », souligne Cédric Duchêne-Lacroix, professeur de sociologie à l’Université de Savoie. Ce qui est loin d’être le cas pour les Français d’Allemagne. A la veille de cette élection présidentielle, les listes consulaires enregistrent un record d’inscrits. Si en France, on a enregistré une hausse de 7,5 % des inscriptions sur les listes électorales par rapport à la précédente présidentielle, les chiffres concernant les Français d’Allemagne explosent avec une hausse de… 85,5 % ! De plus en plus nombreux, les exilés français, soucieux de l’image renvoyée à l’étranger par leur pays d’origine, s’impliquent de plus en plus dans la vie politique française. Même depuis l´étranger. Sympathisants, curieux et indécis… A Berlin ils étaient 700 le 5 mars dernier pour le meeting de Ségolène Royal et 120 sont venus écouter Michel Barnier, pourtant pas candidat, le 31 mars dernier. La France, loin des yeux, mais proche du cœur ?
Aurore Peyroles
resultats entre 1 et 2 de 2
l´insécurité serait donc le seul critère pour voter à droite?
L'insécurité est nettement moindre en Allemagne où certains quartiers sont difficiles mais tout de même mieux intégrés dans les centre-villes. Ceci peut expliquer les déficit de voix pour la droite.