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Les Lesbians On Ecstasy, c’est Veronique Mystique à la basse, Jackie « The JackHammer » à l’octapad (percussion électronique), Fruity Frankie à la voix et Bernie Bankrupt aux samples.  Le 10 avril, elles reviennent en force en avec leur électro métal dark sur des reprises de morceaux connus ou moins connus, avec un nouvel album We Know You Know. La Gazette a rencontré Bernie à Montréal, qui nous raconte avec simplicité et un irrésistible accent québécois, l’aventure L.O.E.

 

 

 

Comment sont nées les Lesbians On Ecstasy?

En 2003, le festival HTM-Elles, sur l’art Internet, voulait proposer en soirée de la musique électronique faite par des femmes. Mais il n’y en avait pas assez à Montréal pour remplir le programme. Je connaissais celle qui s’occupait de la programmation, elle savait que je faisais un peu de musique chez moi, alors elle m’a demandé si ça m’intéressait de faire un spectacle. J’ai demandé à Jackie et à Lynn (Fruity Frankie ndlr) de m’accompagner, et on a fait un show avant même que le groupe existe !

 

Et le nom ?

On l’avait tout de suite. Et c’est pas toujours facile à vivre avec ! [rires] En Europe, on n’a jamais eu de problèmes, mais aux Etats-Unis, oui. Je me demande si c’est le mot « lesbians » ou le mot « ecstasy » qui dérange. Je crois que c’est surtout la référence à la drogue… et des fois les deux ensemble. C’est too much. Aux Etats-Unis, même le milieu gay et lesbien est conservateur, peut-être qu’ils n’en sont pas encore arrivés au point où ils peuvent rire d’eux-mêmes.

 

Vous êtes assez radicales, et contre l’uniformisation, êtes-vous pour le mariage gay légalisé au Canada ?

Bon, c’est sûr que quand les homos luttaient pour ça, on se disait que ce n’était pas vraiment notre truc, que c’était un peu mainstream. Mais en même temps, en voyant tous les gens qui étaient opposés, toutes les manifestations homophobes, tout à coup je me suis rendue compte qu’il y avait tellement de gens qui nous haïssaient que dans ce contexte, je ne pouvais raisonnablement pas être contre.

 

Nouvel album, nouvelle orientation?

Et bien, ça devait être complètement différent, mais finalement, ça ne le sera pas. Ça me surprend même comme ça sonne Lesbians On Ecstasy (rires). Bon, dans le premier album, on a repris des chansons assez connues, cette fois-ci c’est seulement des morceaux de chanteuses lesbiennes. Ok, c’est nous qui faisons les règles, alors parfois on ne les suit pas [rires]. Mais il y avait un mouvement lesbien dans les années 70 et 80, des lesbiennes séparatistes, c’est-à-dire qui ne voulaient rien à voir à faire avec les hommes, elles faisaient tout elles-mêmes, la technique, la distribution, la musique, les ingénieurs-sons étaient des femmes... Ce qui était intéressant, c’est qu’elles étaient très utopistes, il y avait beaucoup d’espoir pour les femmes, un côté militant... Après 25 ans, on voit que ça ne s’est pas passé comme elles l’espéraient. On a voulu travailler sur cette idée-là.

 

 

 

Propos recueillis par Céline Robinet.

 

Lesbians on ecstasy, We Know You Know, Alien8 Recordings, sortie le 10 avril 2007

www.myspace.com/lezziesonx








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