Renouveau patriotique ou feu de paille soluble dans la Coupe du monde ? Les journaux allemands posent la question, avec une retenue teintée de fierté. Die Zeit rappelle que « certains s‘inquiètent du retour des symboles ». « Le cri de ‚plus jamais l‘Allemagne‘ de l‘extrême-gauche » résonne encore aux oreilles de l‘hebdomadaire de Hambourg. C‘est peut-être simplement l‘occasion d‘être enfin fier d‘être Allemand… « Proud to be a german » dit le Spiegel, en anglais dans le texte, comme si l‘expression était quand même trop énorme pour être prononcée dans sa langue. Seuls 21% des Allemands sont inquiets de ce retour des couleurs nationales, contre 61% qui s‘en réjouissent, rapporte die Welt dans un sondage. Parmi ces derniers, l‘éditorialiste de la Bild Zeitung, Franz-Joseph Wagner, qui s‘adresse à sa « chère, belle et nouvelle Allemagne » tout au long d‘un édito vibrant de nationalisme campagnard et de glorification des « mains travailleuses allemandes ». « On doit aimer son pays comme une femme », s‘enflamme-t-il dans les pages entièrement « noir, rouge et génial (Schwarz-Rot-Geil !) » de l‘édition. Pour le rédacteur en chef du premier quotidien allemand, Alfred Draxler, « ce sentiment national était présent depuis longtemps et restera après la Coupe du monde ». Une impression que ne partagent pas ses confrères de la Berliner Zeitung, qui décrivent « l‘utilisation ironique des symboles », pas trop sérieuse, comme un jeu avec un tabou que les étrangers ne peuvent pas comprendre. Pourtant, « même les Anglais ont accueilli avec une heureuse surprise notre patriotisme pacifique ! » souligne die Zeit, en ajoutant que la Coupe du monde pourrait enfin être l‘occasion d‘un comportement moins « névrosé avec les symboles nationaux et le patriotisme ». « Il y a de l‘espoir dans ce nouveau patriotisme ; ce pourrait être le moyen de retrouver enfin une image fraîche et normale » , conclut le journal hanséatique. Un vrai challenge pour onze joueurs !