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 Photo: Bertrand Saint-Guilhem
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Au moment où la France remet en question le système de formation de ses dirigeants, allant jusqu’à proposer d’établir des jurys populaires pour les contrôler, les premières promotions sortent fraîches émoulues des toutes nouvelles écoles d’élite allemandes...
Difficile de dessiner le profil moyen du dirigeant politique allemand : Angela Merkel tout comme Joschka Fischer sont parvenus à la tête de l’Etat sans avoir étudié les sciences politiques et jusqu’à aujourd’hui, l’opinion publique ne s’intéressait guère à la formation des hommes politiques. En 2000, l’électrochoc des mauvais résultats de l’étude « PISA » en Allemagne pousse le pays à se réformer : un classement des universités et des filières d’excellence est apparu, tandis que plusieurs écoles de troisième cycle, destinées à la formation des futurs leaders, ont vu le jour.
En France, le modèle traditionnel de formation des élites remonte à la création de la très centraliste IIIème République. Il s’appuie sur une sélection intellectuelle – les concours d’entrée – qui consacre un principe, celui de la méritocratie républicaine. Sciences Po (née en 1872) et l’ENA en constituent l’archétype. Cependant, selon Yves Sintomer, professeur de sociologie à l’Université Paris VIII, les dirigeants politiques français ont « une bonne formation technique mais une expérience sociale insuffisante pour appréhender les problèmes sociaux dans leur diversité. Ils représentent le savoir privé d’une petite couche sociale »
En Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale, la classe politique a dû être entièrement renouvellée. La sélection des élites est donc une préoccupation relativement récente. Pourtant, depuis la fin des années 1990, de nouvelles formations payantes naissent à Berlin et en Brandebourg, proposées par des écoles privées ou en partenariat avec des universités. 'Master in European Business', ‘Master of European Governance and Administration', 'Studiengang Europawissenschaften'…, les étudiants sont recrutés sur dossier et entretien, et dans certains cas, il est possible d’obtenir une bourse pour couvrir les frais de scolarité. Pour Yves Sintomer, également directeur-adjoint du Centre Marc Bloch à Berlin depuis septembre 2006, c’est « un atout d’avoir des formations diversifiées. Mais même si ces nouvelles écoles d’élite représentent une tendance importante, les meilleurs étudiants n’y vont pas. En plus, le risque est de former une génération de technocrates ». Selon le directeur de la Hertie School of Governance, le Prof. Dr. Michael Zürn, l’ouverture internationale reste cependant un plus incontestable : « Nous avons pris modèle sur nos partenaires de Londres (London School of Economics), Paris (Sciences Po) et New York (Columbia University), pour proposer une formation qui prenne aussi en compte le contexte européen. Avec un ‘Master of Public Policy’, nos diplômés peuvent exercer des fonctions au Parlement européen, dans des ministères fédéraux allemands, aux Nations Unies, mais aussi auprès d’ONG, de groupes d’intérêts ou de cabinets
de conseils. »
Dans un autre esprit, la formation de l’élite allemande est aussi prise en charge par des organisations comme l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) ou même des fondations privées, qui encouragent de jeunes diplômés allemands à travailler à l’international grâce à des stages tous frais payés et des séminaires de préparation. Le réseau de contacts proposé permet ainsi une insertion plus facile dans le monde des institutions internationales. Pour Vera Hanus, ancienne boursière du ‘Postgraduate Program in International Affairs’, « ce programme a été décisif pour trouver, après mon stage à l’OTAN, un poste aux Nations Unies ». Face à la quantité de formations en compétition, quel sera en l’espace d’une génération l’équivalent de l’ENA sur la Spree ?
Mélanie de Mello et Yann Baillot
http://www.daad.de/
http://www.studienstiftung.de/
http://www.bosch-stiftung.de/
http://www.uni-potsdam.de/mega/campus.html
http://www.hertie-school.org/
http://www.europawissenschaften-berlin.de
http://www.eusg.de
http://www.esmt.org
resultats entre 1 et 4 de 5
L'élite : l'Ecole des Mines, Polytechnique ..., je ne sais pas vraiment si y a une équivalence, à vrais dire une comparaison entre l'école des mines ou bien Polytechnique et une école allemande ...Universität oder Fachhochschule ??
L'élite : l'Ecole des Mines, Polytechnique ..., je ne sais pas vraiment si y a une équivalence, à vrais dire une comparaison entre l'école des mines ou bien Polytechnique et une école allemande ...Universität oder Fachhochschule ??
Pour répondre à une des réactions précédentes, je voudrais préciser que le "Master of european governance and administration" (MEGA) qui est mentionné dans l'article et qui est piloté en France par l'ENA a l'énorme avantage de ne pas "zapper" la connaissance de l'autre pays puisque la formation est biculturelle : 3 mois de cours en France, 3 mois de cours en Allemagne, stage, mémoire de recherche. Donc les élèves de ce master ont la possibilité de confronter les points de vue, les cultures d'autant plus qu'ils sont pour un tiers Français, pour un tiers Allemand, et pour le dernier tiers originaires d'autres pays de l'Union européenne ou Français/Allemand travaillant dans le secteur privé. Cette double culture tout au long du diplôme en fait précisément la richesse.
étrange démarche que de vouloir former des élites en utilisant une langue...étrangère!?
c´est un peu absurde et ridicule...même avec le pseudo argument de l´impératif d´internationalisation du recrutement...si l´Allemagne souhaite réellement avoir des asiatiques ou d´autres personnes potentiellement décisives à l´avenir sensibles à ses intérêts, le mieux et le plus sûr serait d´abord de leur transmettre une bonne connaissance du pays ce qui ne peut se faire éfficacement en zappant la case linguistique...
Pour résumer : un futur ministre chinois, indien ou srilankais sera tout au long de sa vie professionnelle d´autant plus sensible aux intérêts allemands qu´il pourra lire dans le texte le Spiegel, la Zeit ou regarder ARD ou NTV ...
le reste est vain...
c´est typiquement allemand d´aujourd´hui de croire qu´en mettant la langue allemande entre parenthèse on peut efficacement défendre l´Allemagne...
voire les programmes télé de Deutschewelle à l´étranger que l´on trouve plus facilement en anglais qu´en allemand!
sensible philippin