Que ce soit pour se protéger d’une concurrence acharnée avec la main d’œuvre bon marché des pays d’Europe de l’Est qui, au plus tard en 2011, feront partie de l’espace Schengen ou que ce soit pour mettre fin à des salaires parfois jusqu’à 30% inférieurs à ceux négociés par les conventions collectives, toujours est-il que l’idée d’instaurer un salaire minimum s’est imposée dans l’agenda de la coalition gouvernementale.
Il faut dire que plus de six millions de personnes travailleraient en Allemagne pour un salaire horaire d’environ cinq euros. Selon une étude de l’institut du travail et de la technique de Gelsenkirchen (1), ce récent développement du secteur des bas salaires ne profiterait pas aux personnes peu qualifiées : plus de 75% des employés dans le secteur des bas salaires détiendraient une formation professionnelle, plus de 2% un diplôme universitaire. Le taux de chômage élevé permet aux entreprises de recourir à de la main-d’œuvre qualifiée à petits prix.
La CDU-CSU reste opposée à l’instauration d’un salaire minimum général, notamment en une période marquée par le chômage. Reste à savoir si les partenaires de la Grande Coalition (SPD-CDU) trouveront un accord sur la récente proposition du ministre du Travail Franz Müntefering (SPD) : l’instauration d’un salaire minimum pour les branches les plus touchées par la précarité, issu de négociations préalables entre employeurs et syndicats. Un doublon prometteur des conventions collectives ?
C.N.
(1) Gelsenkirchener Institut Arbeit und Technik (IAT)