Drôle d’anniversaire que celui des 50 ans de la signature des Traités de Rome, le 25 mars dernier ! Plus de 500 000 Européens se sont pressés autour de la porte de Brandebourg, à Berlin, pour s’acheter gâteaux d’anniversaire ou autres spécialités culinaires des 27 états membres, pour trinquer sous le soleil en écoutant musiques et talk-shows au parler mou. L’euphorie du Mondial de Foot 2006 était loin, mais la collecte de stylos en plastique et autres pin’s semble avoir rassasié ces milliers de citoyens.
Peu nombreuses furent les personnes saisissant la dimension politique de l’événement et rejoignant la manifestation organisée pour dire non à « l’Europe du capital », non à « l’Europe belliciste », à « l’Europe raciste qui maltraite ses réfugiés » ou encore non à « la mise en œuvre de la Constitution néolibérale ». Sous le soleil printanier, le peuple a préféré se laisser distraire, éloigné des véritables enjeux de la bataille.
Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 États-Membres de l’UE étaient en effet invités à s’accorder dans le même temps sur une « déclaration de Berlin » rappelant les acquis de l’Europe et affirmant les valeurs comme les objectifs futurs de l’UE. Après de longs marchandages et de beaux discours, c’est finalement une déclaration a minima qui fut adoptée. Nombreuses sont les périphrases louant la force de cette Europe indispensable pour lutter contre le terrorisme, l'immigration illégale et le réchauffement climatique. Mais toute référence au modèle social européen, à l'espace Schengen ou encore au traité constitutionnel a été retirée du texte. Le compromis, plus frileux que porteur d’idées, fut finalement signé par Angela Merkel, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ainsi que le président du Parlement européen Hans-Gert Pottering, tous trois membres du parti conservateur européen (PPE).
Si jamais le temps tournait à la pluie, il est toujours possible de lire le texte intégral (http://europa.eu/50/docs/berlin_declaration_fr.pdf). Mais restons de préférence ludiques et jouons à être un député européen sur www.bemep.eu. Rien contre l’idée d’amuser le peuple pour lui faire aimer l’Europe, mais que ce soit un minimum pédagogique !
Charlotte Noblet