Areva veut devenir un acteur majeur du secteur des énergies propres et, pour cela, il est prêt à mettre le prix. Le groupe français spécialisé dans le nucléaire civil souhaite mordicus acquérir l'expertise de Repower, le fabricant allemand d'éoliennes, dont il détient déjà 29% du capital. Areva a donc relevé, jeudi 15 mars, son offre d'achat à 140 euros par action, contre 105 précédemment – ce qui valorise Repower autout de 1,14 milliard d'euros.
Thierry Breton, le ministre des Finances, qui n'a donné son accord pour cette nouvelle offre que du bout des lèvres, redoute le « début d'une bulle spéculative sur les énergies renouvelables ». Mais, Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva ne veut pas renouveler l'échec de 2004, quand le Danois Bonus - 5ème fabricant mondial d'éoliennes – lui était passé sous le nez pour finalement être racheté par Siemens. Surtout que, depuis, la valeur de Bonus a quintuplé. Or, l'an passé, les comptes de Repower sont passés dans le positif pour la première fois de son histoire, avec un bénéfice net de 7,1 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 461 millons d'euros. Reste à savoir si le groupe indien Suzlon - soutenu par le portugais Martifier, qui détient 25,4% de Repower - ne va pas surenchérir une fois de plus. Pour l'heure, Repower a annoncé une augmentation de capital de 10% et recommande à ses actionnaires l'offre d'Areva.
Damien Dubuc