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Un mail anonyme relance les soupçons de la Commission européenne au sujet de la concurrence sur le marché électrique allemand. Les firmes dominant le marché sont en effet accusées d’avoir gonflé les prix aux consommateurs.

 

 

Les quatre principaux fournisseurs d'électricité en Allemagne, RWE, E-ON, Vattenfall et EnBW, qui contrôlent à eux seuls 80% du marché, sont soupçonnés de s'être entendus pendant des années pour gonfler les prix au détriment des consommateurs. Voilà qui n'est pas du goût de la Commission européenne, fidèle à son crédo de la concurrence et qui n'hésite plus à infliger des amendes colossales aux « cartels ».

 

Déjà en mai et décembre 2006, ses enquêteurs avaient perquisionné dans les bureaux de différents fournisseurs de courant. Les soupçons se sont renforcés avec l'envoi, le 18 février, d'un mail anonyme, vraisemblablement envoyé par un ancien employé de la bourse allemande de l'énergie (EEX). Bien informé, il détaille les transactions effectuées entre le 1er mars 2005 et le 12 décembre 2006 et pourrait mettre en évidence l’abus de position dominante de ces firmes.

 

De fait, malgré la privatisation du marché des énergies en Allemagne en 1998, les prix n’ont pas diminué. Bien au contraire : le ménage allemand moyen paye 700 euros par an au lieu de 695 euros selon l’Union des consommateurs d’énergie. Et ce d'abord, parce que les quatre leaders du marché allemand se partagent la propriété de ce réseau national. Son utilisation  étant soumise à des droits exorbitants, l'entrée de nouveaux concurrents reste difficile sur ce marché.

 

Les quatre ténors électriques auraient de surcroît profité de la situation pour tirer les tarifs vers le haut, en profitant de failles dans la législation allemande. Ainsi, les centrales les plus anciennes, celles qui produisent à moindres coûts, auraient été écartées du processus de production. Selon une autre accusation, la société RWE, bien qu’en situation de surproduction, a acheté de l’électricité sur l’EEX dans le seul but de faire grimper artificiellement le cours de l'énergie.

 

Même si l'enquête ne devrait pas aboutir avant plusieurs mois, au mieux, les précédents concernant des affaires de ce type laissent penser que l'addition pourrait être corsée si les faits sont avérés. En janvier dernier, le cartel du matériel électrique (Siemens, Alstom, Toshiba, Areva...) et celui des ascenseurs (ThyssenKrupp, Otis, Schindler...), s'étaient vu infliger des amendes respectives de 750 et 900 millions d’euros par la Commission européenne.

 

 

 

Pierre Langlois








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