Il ne fait pas bon, par les temps qui courent, s´en prendre aux symboles de la nation. Le syndicat de professeurs GEW et son antenne de Hesse ont tenté l´aventure, se risquant à critiquer l´hymne national allemand dans une brochure le qualifiant d´« affreux ». Le retour de bâton a été plutôt violent. Jusqu´à entraîner Ulrich Thöne, le directeur du syndicat, à regretter publiquement son « erreur ». Cette brochure, intitulée « Arguments contre l´hymne allemand », reprend la critique déjà formulée par le syndicat lors de la réunifcation. « L´Allemagne est un pays d´immigration. (…) Ce dont nous n´avons vraiment pas besoin, c´est d´un nationalisme toujours plus important», écrit M. Thöne aujourd´hui dans la préface. Ramenée au contexte de la Coupe du monde, cette critique a été perçue comme décalée et surtout, rabat-joie. Le journal Die Zeit intime même à Ulrich Thöne l’ordre d´aller faire un tour au stade en guise de « thérapie ». Pour l´historien et directeur du musée de l´histoire allemande Christoph Stölzl, cet hymne est « issu d´une grande tradition démocratique » et constitue « une partie légitime de la mémoire d´un peuple ». Pour le syndicat, la suppression de la première strophe, qui clame « l´Allemagne par-dessus tout » - « Deutschland über alles » - de la version officielle de l´hymne ne suffit pas. « Aucune réflexion n´a été menée » sur la troisième strophe, qui constitue aujourd´hui l´hymne officiel, regrette M. Thöne. Point d´achoppement, le vers célébrant la patrie allemande, « das deutsche Vaterland ». La strophe chante aussi l´unité, le droit et la liberté (« Einigkeit und Recht und Freiheit »). Ce sur quoi les défenseurs de l´hymne choisissent d´insister.