imprimer   09.02.2010 
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Depuis l'introduction de l'euro en 2001, de nombreuses monnaies alternatives, seulement valables au niveau local ou régional, ont fait leur apparition. Il en existe actuellement 21 en Allemagne et Berlin a la sienne depuis 2005 - le Berliner. Plus que la lubbie de nostalgiques accrochés à leur petit coin de paradis, ces expériences montrent que la monnaie peut être un instrument au service des citoyens et pas seulement  un enjeu de spéculation.

 

Vous n'avez plus un euro vaillant en poche et pas de distributeur en vue. Heureusement, le troquet dans lequel vous avez vos petites habitudes accepte les Berliner, l'une des 21 monnaies régionales aujourd'hui en circulation en Allemagne. Le café ne vous coutera pas plus cher.

 

Surtout, d'après Susanne Thomas de la Grüne Liga, l'association qui chapeaute l'opération depuis mars 2005, ce système a pour but de « renforcer l'économie locale en permettant aux petits commerces de se maintenir sur place. » Par quel miracle ? C'est que les Berliner trouvent preneur  à Berlin, essentiellement dans les quartiers de Prenzlauer Berg et de Kreuzberg, dans des salons de massages, chez des vétérinaires ou des boulangers, mais sortis de la capitale ils n'ont plus cours.

 

Contrairement aux monnaies traditionnelles qui servent à régler les achats, point, les monnaies régionales permettent « des échanges qui vont au-delà de l'aspect économique », ajoute Suzanne Thomas. En effet, pour 100 Berliner les commerçants ne récupèrent que 95 euros. Sur les cinq euros restant, deux servent à financer le système et les trois autres sont reversés à des associations destinées, par exemple, à soutenir les jeunes en difficulté ou à préserver l'environnement.

 

 

« Le problème, nuance Silvia Rottenberger, vendeuse dans une échoppe de maillots de bain, c'est que les Berliner perdent très vite de leur valeur [2% tous les six mois] et que l'on doit les utiliser très vite. » Et pourtant, l'idée selon laquelle « l'argent doit circuler » plutôt que de rembourrer les poches de quelques uns est à la base même des monnaies complémentaires. Le système est ainsi fait que la spéculation et l'accumulation ne sont pas possibles. Manière de gonfler artificiellement la masse monétaire et, par conséquent, de rendre l'argent plus accessible.

 

Encore faut-il pouvoir payer en Berliner sans courir aux quatre coins de la ville pour dénicher ceux qui les acceptent. Les 190 commerces ou prestataires de services dont la Grüne Liga fournit la liste ne forment pas encore un réseau suffisamment dense pour attirer beaucoup d'utilisateurs. Un brin dépitée, la vendeuse d'un magasin d'alimentation biologique ouvert depuis deux mois, assure que très peu de clients paient en Berliner.   Pire : « je voulais payer dans un magasin de Kreuzberg en utilisant cette monnaie, mais ils n'on pas accepté mes billets de Prenzlauerberg. » « Small is beautiful », certes, mais parfois un tantinet étriqué. De toute façon, poursuit Silvia Rottenberg, « si on veut contribuer à l'essor de l'économie locale, c'est une question de comportement, on achète localement. C'est pas le Berliner qui va changer ça. »

 

Marginales sans aucun doute - moins de 40 000 euros se sont échangés par le biais du Berliner en presque deux ans -, les « Regiongeld » ne sont pas anecdotiques pour autant. En vogue depuis l'arrivée de l'euro, une trentaine de projets sont aujourd'hui en préparation, renouant avec une ancienne tradition alternative allemande (voir encadré). En Bavière, le Chiemgauer fédère après trois ans d'existence 500 magasins et entreprises, dont des supermarchés et des banques. L'an passé, la valeur des biens et services échangés équivalait à 1,5 millions d'euros, en progression de 70% par rapport à 2005.

 

Pas de quoi fouetter un chat ou gifler une girafe. Ni inquiéter la réserve fédérale allemande qui s'est fendue d'un rapport dans lequel elle assure que les monnaies régionales ne menacent pas l'ordre monétaire européen. Le Berliner, pas plus que le Chimgauer ou le Roland de Brême n'a de toute façon pas pour but de détrôner l'euro. L'idée que la monnaie peut être autre chose qu'un simple moyen de paiement, que l'argent n'est pas une convention pratique mais un instrument au service de la communauté fait, elle, son chemin.

 

Damien Dubuc

 

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hakima /// Freitag, 24-08-07 11:27

j'aimerais connaitre association ou magasin de produits biologiques à berlin.. je vis à paris et aimerais travailler à berlin dans ce domaine ou j'ai beaucoup d'expérience

 
 

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