
Aurélien, Laura et Simon composent ce groupe, trio montant de la scène rock française. Les Grenoblois ont osé tourner le dos à leur langue maternelle pour s’aventurer sur les chemins de l’anglais. Ce qui peut parfois être une barrière en France, s’avère une véritable ouverture à l’étranger. La sortie de leur premier album « Sad Disco », en octobre 2005 (juin 2006 en Allemagne), les a jetés sur les routes pour plus de 120 dates. Alors qu’un deuxième album est annoncé, la musique « pop et incisive » de ces baroudeurs a déjà entraîné beaucoup de monde dans son sillage.
Début de nuit à l’Atomic Café. Dans la loge de ce club munichois, un clavier estropié avoisine des canapés éventrés. Rhesus, lui, se défait des habits d’artiste dont il s’était drapé. Le temps d’une interview à nu.
Vous étiez de passage pour la première fois à Munich et serez de retour en avril en Allemagne, notamment à Berlin. Quel accueil réserve le public allemand à votre musique ?
Simon : On aime vraiment donner des concerts en Allemagne. L’année dernière, on a joué à Dresde un dimanche soir. On s’est dit « il va y avoir personne ». Au contraire, il y avait plus de 250 spectateurs ! C’est génial de jouer devant un public curieux. Il y a des dates comme ça, qui nous ont marqués. Le Rheinkulturfestival, à côté de Bonn. Dortmund aussi et son club « Der Clochard ».
Dans vos chansons, vous offrez une image originale des Français que les étrangers décrivent plutôt rétifs à l’anglais…
Aurélien : Et pourtant quand on vient en Allemagne, on fait profil bas. Le niveau en anglais des Allemands est largement supérieur à celui des Français. Pour ce qui est de l’anglais dans nos chansons, c’est vraiment venu naturellement.
Laura : Quand on s’est rencontrés, la question ne s’est même pas posée.
Aurélien : On a grandi avec la culture anglo-saxonne avec des groupes comme les Smashing Pumpkins ou Radiohead. Maintenant, c’est une question de sensibilité.
Simon : De toute façon, l’instrumentation de Rhesus est vraiment anglo-saxonne. C’est un petit univers.
D’ailleurs, l’enregistrement de votre premier disque a eu lieu en Belgique, où la culture est plus ouverte sur l’anglais.
Aurélien : Ils n’ont pas cette exception culturelle qui cherche à tout prix à protéger le français… Beaucoup de groupes chantent en anglais sans que ça ne choque personne. C’est loin d’être le cas en France.
Simon : Quoique que ça commence à changer. Mais en Belgique, on est arrivés avec des modèles de sons en tête qui ont tout de suite trouvé de l’écho chez les « ingé-son » belges avec qui on a bossé. Mais c’est surtout parce que notre label « Pias » est belge qu’on a enregistré du côté d’Anvers.
Un label qui vous distribue aussi en Allemagne…
Simon : Pias Germany était un peu timide au début, avec « Sad Disco ». Ils ne nous connaissaient pas et nous ont vraiment découverts sur scène. Ils vont plus s’impliquer pour le deuxième album.
Aurélien : On a d’ailleurs terminé l’enregistrement en janvier au Black Box à Angers. Par rapport à « Sad Disco », ce sera plus proche de ce qu’on fait en concert. Plus à l’énergie.
Simon : Le processus de création a été différent. Pour le premier album, on s’était enfermés pendant six mois en studio. Là, les deux tiers des morceaux ont déjà été joués en concert.
Et quelles sont les échéances de ce disque ?
Simon : Il devrait y avoir un premier single en avril ou en mai. Et l’album devrait sortir en France et en Allemagne, simultanément. Grâce à nos dates en Allemagne, on a pu commencer à se faire connaître.
De Munich, propos recueillis par Julien Bels