

Le lien entre la traduction du terme New Wave, le célèbre courant cinématographique des années 60, et la bossa nova ? Nouvelle Vague, un groupe dont les reprises façon bossa nova de morceaux tirés des brumes eighties anglaises déferlent sur le monde. C’est Marc Collin qui a imaginé cette équation audacieuse, et c’est lui qui nous répond à l’occasion de la sortie d’un 2e album et d’une tournée en Allemagne.
Pourquoi vous consacrez-vous aux reprises ? Et quels sont vos critères de sélection ?
Ce sont tous des morceaux qui me sont chers, que j’écoutais quand j’étais très jeune, vers 14 ans. Ils ont été composés par des groupes emblématiques des eighties, mais aussi par d’autres moins connus. Le critère principal, c’est un amour sincère pour cette période. Et le but de la démarche, c’est de montrer que tous ces morceaux, qui se voulaient punk, peuvent être transformés en musique pop. Ces classiques n’ont pas pris une ride, artistiquement, ils sont vraiment forts et ils peuvent encore plaire. Des arrangements différents peuvent en faire de très belles chansons. A la base, c’était du punk anglais, froid, et on le métamorphose en ballades à écouter sous le soleil, en musique légère. La transformation est telle que, souvent, notre public ignore que nos morceaux sont des reprises. Nouvelle Vague ne s’adresse pas aux fans des originaux. D’ailleurs, bien souvent, même les chanteuses ne les connaissaient pas. La New Wave n’est pas leur univers musical, leur culture de référence, contrairement à moi... Du coup, elles n’avaient pas peur de profaner quoi que ce soit. Elles chantent comme elles l’entendent, je les dirige et je fais les arrangements… Je crois que c’est la condition pour obtenir quelque chose d’aussi frais. J’aime créer des contrastes saisissants.
Quelle est la différence entre le travail en studio et la scène?
A la base, Nouvelle Vague, ce n’est pas un groupe, c’est un projet. Je fais ma cuisine dans mon coin, comme un professeur en studio, sans que personne ne se parle. C’est sur scène qu’on se transforme en vrai groupe. Des duos de chanteuses se mettent en place, il y a bien plus d’énergie, de dynamisme.
Vous avez donné une nouvelle dimension au nom du groupe : dans le clip de Dance with me, vous utilisez un extrait du film Bande à Part, de Godard.
Oui, dès le départ, la référence à ce cinéma était évidente. Le nom du projet, le titre du 2e album... Mais en l’occurrence, ce sont des amis américains qui ont tourné ce clip. Un succès ! Il a été visionné plus d’un million de fois. Je suis fan de Godard, j’aime énormément son esthétique. Elle plaît beaucoup aux étrangers : le noir et blanc, les acteurs mythiques… c’est ce qu’ils connaissent de la France. Et pour notre musique, c’est pareil. Pour eux, elle sonne très « français », ce qui est bizarre, parce qu’on est loin du folklore ! On a toujours eu l’impression d’avoir plus de succès à l’étranger. On est passé au moins 5 fois à Berlin, par exemple. Et même dans des villes plus petites comme Brême ou Dresde, on attirait 1 000 ou 2 000 personnes en concert… En France, en dehors de Paris, ce n’était pas le cas.
Vous envisagez de composer des morceaux originaux ?
J’ai toujours travaillé à d’autres projets en parallèle, et je vais bientôt sortir un album solo. Ce sera une sorte de road movie, autour de l’histoire d’un couple en voiture. Le son sera très proche de celui de Nouvelle Vague. Finalement, il n’y a pas tant de différence entre l’écriture et l’arrangement, qui nécessite aussi un travail très créatif. Et puis il y a encore des tas de groupes que je n’ai pas encore repris, comme Japan, Madness… De quoi nourrir un 3e album !
Propos recueillis par Aurore Peyroles
18.02 à Hambourg : Uebel&Gefährlich
19.02 à Rostock : Mau Club
27.02 à Berlin : Kesselhaus
02.03 à Munich : Kleine Elserhalle
03.03 à Stuttgart : Wagenhallen
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interview très interessante