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Photos, vidéos et maquette à l’appui, l’exposition permanente du Kreuzberg Museum décortique chaque vague de migration depuis le 18e s. en réunissant les archives de Kreuzberg (ex Berlin-Ouest) et de Friedrichshain (ex Berlin-Est). Quelque 300 ans d’Histoire en deux petites salles.

 

Des Huguenots aux Souabes en passant par les Polonais, les Turcs ou encore les Vietnamiens… tous sont passés par Berlin. Pourtant, entre démolition, reconstruction et mouvements de protestation ayant conduit aux fameuses Hausbesetzungen (squats), c’est pendant l’après-guerre que Kreuzberg, et surtout, le quartier autour de Kottbusser Tor, prend ses allures de rebelle. Entre autre à l’origine du mélange des cultures et des âges propre au quartier: les immeubles en mauvais état, mais bon marché. Les anciens habitants y restent car ils ne se voient pas ailleurs, les jeunes parce qu’il y a tout à construire et à inventer, et les familles d’immigrés pour y poser leur valise.

 

Dès 1961, le problème de main d’œuvre déjà existant se fait d’autant plus sentir que le Mur nouvellement construit empêche le passage de l’Est vers l’Ouest. Alors qu’à l’Ouest, le gouvernement fait appel aux « Gastarbeiter » pour les usines d’électronique et de textile notamment (voir page…), l’Est contracte des « Vertragsarbeiter ». Pour ces migrants de l’Est, les choses sont difficiles. Originaires de Chine, de Yougoslavie, d’Angola ou encore de Cuba, bref de pays communistes ayant signé des contrats avec la RDA, ils viennent travailler à Berlin-Est en général pour 3 ans… et sont soumis à de nombreuses restrictions: interdiction de sympathiser avec les Allemands ou encore de fonder une famille - après tout, ils ne sont pas censés rester. A la chute du Mur, leur contrat devient nul, ce qui les oblige à rentrer chez eux. Certains décident de rester, malgré leur situation illégale. Pour mieux comprendre la création du Berlin « multikulti », une visite au musée de Kreuzberg s’impose.

 

Céline Figuière

 

Kreuzberg Museum, Adalberstr. 95 A, ouvert du mer. au dim.de 12h à 18h, entrée gratuite








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