Réalisateur, scénariste, producteur, Luc Besson l’infatigable a répondu à nos questions.
Arthur et les Minimoys est votre premier film animé.
Oui, mais toutes les scènes du film, sans exception, ont été tournées avec de vrais acteurs – environ 2500 plans – ainsi que le décor, par ex. le village des Minimoys, 350 maisons qui ont été fabriquées pendant 9 mois. Puis le montage a été confié aux animateurs qui ont transformé les personnages en 3-D. ça a duré 3 ans. Le plus dur fut d’intégrer les personnages live passés en 3-D dans le décor filmé en réel... tout ça à repasser ensuite en 3-D !
Dans ce film, il y a une tribu africaine.
Oui, le mélange des races et des histoires… m’intéresse. Et des tailles aussi… Les Matassalais font 2,5 m et les Minimoys 2 mm. Ils sont frères parce qu’ils sont conscients qu’ensemble, ils possèdent une vision complète du monde : les uns voient les choses très grandes, les autres, les choses minuscules. C´est le principe de Pascal : « L’infiniment grand et l´infiniment petit ».
Dans « Angel.A » vous conseillez de nous occuper des besoins devant nos propres portes. Avec vos projets dans les banlieues parisiennes, vous donnez l’exemple.
Ça me fait plaisir que vous posiez cette question, et je suis étonné car ça a l´air d’intéresser plus les Allemands que les Français (rire). En réalité, je fais une démarche citoyenne normale, je m’inscris dans la longue liste des gens qui font des choses. J’ai été plutôt gâté par la vie, alors j’essaie de redistribuer. En gros, je donne de l’argent à des jeunes pour qu’ils créent leur entreprise. Ils ne doivent pas rembourser, ils doivent juste faire marcher leur boîte… Il y a un vrai manque en France : pas mal de jeunes d’origine maghrébine ou d’une couleur de peau qui ne convient pas n’arrivent pas à ouvrir de compte ou n’obtiennent pas de prêts à la banque. Moi, je me demande juste : la société que ce jeune veut créer est-elle une bonne idée? Si oui : Tiens, prends cet argent, monte ta boîte. Voilà !
Propos recueillis par Elke P. Eich