Les dernières mines de charbon seront fermées d’ici à 2018, annonçait le gouvernement allemand fin janvier. Et d’ajouter que la décision définitive d’abandonner la production de houille serait toutefois prise en 2012, selon le contexte énergétique.
Fini le temps d’une Allemagne qui subventionnait à perte ses dernières mines pour des considérations sociales et d’aménagement du territoire. Le dogme de la rentabilité s’impose : entretenir 8 mines produisant seulement 25 millions de tonnes de houille par an (contre 1,5 milliard pour la Chine,185 millions pour la Russie) pour 2,5 milliards de subventions annuelles n’est plus envisageable.
« Le gouvernement assure qu’il n’y aura pas de licenciements, mais en même temps la coalition régionale CDU-FDP de la Rhénanie du Nord-Westphalie menace d’arrêter les subventions dès 2009 s’il n’y a pas de décision définitive de fermeture pour 2018, voire pour 2014 », rapporte Hubertus Schmoldt, président du syndicat industriel mines-chimie-énergie (IG-BCE). « Et ça,nous ne pouvons l’accepter. Nous sommes convaincus qu’il ne faut pas abandonner la houille, que cela va seulement nous rendre encore plus dépendants des importations d’énergie. Nous tablons donc sur un retournement en 2012. »
Alors que beaucoup spéculent sur la hausse du prix mondial du coke, Rainer Kampeck, expert à l’institut de recherches économiques de Rhénanie du Nord Wesphalie (1), se montre sceptique : « Une fermeture immédiate des mines aurait éviter d’énormes dépenses et l’argent aurait pu être investi dans la qualification des mineurs. » Le financement même des charges liées à la fermeture des mines comme la retraite des mineurs et la reconversion des sites n’a pas été clairement défini. L’Etat compte sur l’entrée prochaine en bourse d’une partie du conglomérat RAG qui gère les mines de charbon, mais les sommes dégagées seraient insuffisantes.
Enfin, les questions énergétiques préoccupent : « En cas de crise énergétique inattendue, l’exploitation des mines allemandes pourrait redevenir une nécessité et on devra alors être à même de reprendre la production de houille allemande », déclarait le ministre de l’Economie Michael Glos (CDU). Rendez-vous en 2012 ?
Charlotte Noblet
(1) Rheinisch-Westfälisches Institut für Wirtschaftsforschung
(2) sondage réalisé par l’institut Forsa