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 5 euros de l'heure...? Qui dit pire ?
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Le site d'enchères inversées jobdumping.de, qui avait fait scandale lors de son ouverture fin 2004 devait fermer à la fin du mois. Si le nombre de contrats passés reste faible, ce système - repris par d'autres sites – veut faire croire que le chômage est dû à des salaires trop élevés.
Adjugé, c'est perdu. En trois clics de souris, vous avez décroché le pompon et un petit boulot. Un petit malin a bien tenté de vous griller la politesse, mais on ne vous la fait pas. Au dernier moment vous avez rabaissé vos prétentions salariales et c'est vous qui, pour 6 euros de l'heure, vendrez des viennoiseries.
Le site jobdumping, qui existe depuis novembre 2004, permet à un employeur de proposer un poste en fixant un salaire maximum : rénover une salle de bain pour 400 euros, par exemple, ou tondre la pelouse pour 30 euros. Ensuite, les internautes enchérissent à la baisse. Le site allemand devrait fermer à la fin du mois, d'autres ont pris le relais - undertool, goldeneshandwerk, profisache ou work5 – qui font leur du prix des commissions.
Le système des enchères inversées, au fond, n'est pas nouveau : les appels d'offres des collectivités locales tout comme les devis réclamés aux artisans reposent sur le même principe. Les informaticiens, les traducteurs free lance ou les juristes indépendants utilisaient d'ailleurs déjà les services de sites comme rentacoder, proz. Ou elance (depuis 2002), sur lequel on explique sans détour que « les utilisateurs peuvent obtenir du travail de très bonne qualité pour un prix difficile à trouver ailleurs ». Et pour cause. Non seulement un système de notation pousse à la productivité, mais un graphiste indien ou moldave peut aussi répondre aux offres - une délocalisation qui ne dit pas son nom.
Les sites allemands concernent plutôt de menues tâches ménagères ou des emplois de services, autant de travaux bien souvent payés au noir. « C'est tout simplement plus honnête », assure la représentante de jobdealer, l'équivalent français de jobdumping. De fait, ces sites mettent à nu les rapports de force sur le marché du travail, même si les utilisateurs sont tenus de se conformer au droit du travail (le site du Böckler Stiftung, la fondation des syndicats, recense d'ailleurs les salaires planchers par branche).
Finot, Alexandre Delaigue, professeur d'économie et animateur du site econoclaste, estime que « ce système ne pose aucun problème si l'on se cantonne à ceux qui acceptent des prétentions salariales modérées. » Liberté et volontariat sont les maîtres-mots des promoteurs de ce type de sites, la fameuse liberté qui pousse à accepter, pour manger, un travail au rabais sans même avoir un pistolet sur la tempe.
Notre économiste poursuit : « Ces sites révèlent une vérité pas forcément agréable à dire mais qu'on doit accepter si l'on veut vraiment aider ceux qui en ont besoin. » Quelle vérité? Celle d'un marché du travail, allemand et français, où pour 70% d'emplois protégés et bien payés, 30% de la population active est touchée de plein fouet par la précarité – parce que, selon lui, les salaires sont trop élevés. Autrement dit, pour éviter que les offres au rabais de jobdumping trouvent preneur il faudrait baisser tous les salaires. Diluer la précarité, fallait y penser.
Les sites calqués sur jobdumping font leur choux gras du chômage, ce père fouettard, ce monstre dans le placard, qui pousse à accepter un travail dont on ne peut pas vivre et à culpabiliser les employés. Vision moderne de la faucille et du marteau (des enchères).
Damien Dubuc
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oui enfin "différents sons de cloches"!? ca va 1 peu toujours dans le même sens...
et alors?
ce qui est bien dans ce canard c´est d´avoir différents sons de cloches!
"diluer la précarité"...trés antilibéral le ton général...mais bon si c´est lié à une bonne protection sociale à la danoise...pourquoi pas?
pourquoi refuser la flexisecurité?