Ce roman prend son temps pour démarrer. Il n’en laisse pas moins un goût fortement amer. Dan Kader, type banal de 34 ans, salarié en Suisse, finit par apprendre le passé de son père : Ben Kader, orientaliste français envoyé en Algérie en 1957 et que son passage dans les salles de torture transformera en homme très secret. Une chose est sûre : l’auteur ne fait pas dans la dentelle. Car Ben, intellectuel d’origine arménienne, y serre la main de Maurice Papon, se fait psychanalyser par Frantz Fanon et tombe amoureux d’une terroriste algérienne. Mais au-delà de la fiction, ce sont avant tout les fondements de toute identité culturelle que Daniel Goetsch questionne. D’une plume aiguisée.