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" Entrée reserver aux membres" Vue d'intérieur d'une association d'immigrés de Berlin.


Professeur de sociologie à l’université Marc Bloch de Strasbourg, chercheur associé au centre berlinois du même nom, Maurice Blanc est également rédacteur en chef de la revue "Espaces et Sociétés". Fin connaisseur des politiques d'intégration françaises et allemande, il en souligne les différences d'approches.

 

 

 

 

Quelles sont les spécificités de la politique de la ville en Allemagne en matière d´intégration par rapport à celle menée en France?

 

A la différence de l´Allemagne, les politiques de la ville et d´intégration françaises se sont concentrées sur l´individu, en estimant que disperser les familles immigrées sur le territoire permettrait de mieux les intégrer. Cela a échoué. Sans faire de généralisation, une famille isolée dans un voisinage dont elle ne parle pas la langue risque fortement de se replier sur elle-même.

 

Au lieu d´envisager l´intégration au niveau des individus, l´Allemagne met l´accent sur le groupe. Le regroupement de la communauté peut vraiment favoriser l´intégration : les anciens peuvent conseiller les nouveaux arrivants, être des médiateurs. En France, on a tendance à diaboliser la communauté.

 

D´autre part, le rapport à l’habitat est très différent dans les deux pays. A la fin de la deuxième guerre mondiale, la France a pensé que le logement pouvait attendre. Jusqu´au « coup de gueule » de l´Abbé Pierre en 54, la relance de l´économie était la priorité. L´Allemagne, au contraire, a bâti son miracle économique sur la reconstruction. Alors, certes, les grands ensembles de logements sociaux de banlieue en France ont un équivalent à Hambourg et Hanovre. Mais plus généralement, les populations immigrées habitent dans les quartiers anciens en centre ville, comme à Kreuzberg (Berlin).

 

Autre différence entre la France et l´Allemagne : la politique de réhabilitation du logement. La « behutsame Stadterneuerung » (rénovation douce) s´inscrit dans une perspective de développement durable. Au lieu d´une « rénovation bulldozer », la rénovation à l´allemande préserve ce qui existe déjà. L´Etat joue alors le rôle de médiateur entre locataires et propriétaires et négocie au cas par cas. Par exemple, si le locataire fait lui-même les travaux de rénovation, le loyer peut baisser. Ce qui permet de développer un réseau d´entraide au niveau du quartier. Et surtout, quand on rénove de ses propres mains, on s´approprie son logement. En France, c´est le propriétaire HLM qui est le principal responsable de la rénovation. Il part du principe que le logement doit toujours être prêt à accueillir le locataire suivant.

 

 

 

Certaines communautés s´intègrent-elles mieux que d´autres ?

 

Pour l’évaluer, la dimension la plus importante est celle de la durée de l´installation. La communauté turque allemande en est à la quatrième génération. Beaucoup de managers de quartiers sont turcs par exemple. Les Russes, par contre, sont des immigrés récents. Contrairement à ceux de la communauté turque, très organisés, les membres de cette communauté se sont regroupés après-coup, ils ne sont pas venus ensembles. Ces Russes ont opéré une vraie rupture avec leur pays et ne cherchent pas à renouer les liens… ce qui ne manque pas de nourrir des dissensions au sein même de la communauté. De fait, elle est beaucoup moins dynamique.

 

Quant à la communauté vietnamienne, elle reste très minoritaire : elle est l´héritage de la politique de solidarité prolétarienne internationale menée à l´époque par la RDA. A la chute du Mur, beaucoup ont quitté l´Allemagne de l´Est.

 

 

 

La France devrait-elle copier le modèle allemand?

 

Il faut se méfier : avec l´Europe, c´est très à la mode de vouloir importer des modèles ! Je suis tout à fait contre, car ce qui est bien adapté à un pays et une culture sera inefficace ailleurs. Mais on peut s´ inspirer sans copier. La France pourrait ainsi s´inspirer de l´approche pragmatique allemande. Mais ce ne sera pas possible tant qu´ il y aura en France cette fixation sur la communauté ethnique, cette méfiance de la communauté tenue pour contraire au projet de République.

 

 

 

Propos recueillis par Sonia Gonzalez

L'interview intégrale sur www.lagazettedeberlin.de

 

 

Voir aussi:

>>  Allemagne, terre d'intégration

>>  Microtrottoir

>>  Retraite à la turque

>>  Crimes d´honneur, crimes d´horreur

>>  Quand l'Allemagne « invitait » ses travailleurs

 

 








resultats entre 1 et 4 de 4
 

tiffany /// Montag, 29-03-10 10:23

er les familles ? Il faudrait que tu mettes des lunettes.
u"ne famille isolée dans un voisinage dont elle ne parle pas la langue risque fortement de se replier sur elle-Louis Vuitton
pandora
tiffanys
links of london

 

La rédaction /// Mittwoch, 24-10-07 14:46

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bouha /// Mittwoch, 24-10-07 11:00

j'aimerais reçevoir le magazine "la gazette" merci

 

titiou /// Mittwoch, 24-10-07 10:12

"les politiques de la ville et d´intégration françaises se sont concentrées sur l´individu, en estimant que disperser les familles immigrées sur le territoire permettrait de mieux les intégrer. Cela a échoué."
Bizarre ce constat.Moi je vois surtout un regroupement ethnique dans les banlieues.
Disperser les familles ? Il faudrait que tu mettes des lunettes.
u"ne famille isolée dans un voisinage dont elle ne parle pas la langue risque fortement de se replier sur elle-même."

Les familles d'origines immigrées ont des enfants qui vont a l'ecole est maitrise le français et ce font des amis de toutes origines, l'integration se fait avec les nouvelles générations qui ne s'isolent pas.
Tu devrais sortir un peu dans ta ville.

 
 

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