

A Berlin-Kreuzberg, à quelques encablures du Viktoria Park, s’est ouvert la première maison de retraite entièrement destinée aux Turcs résidant en Allemagne.
Dans le silence des couloirs ornés de calligraphies résonnent quelques accents de musique turque. A la Türk Huzur Evi, la première maison de retraite destinée à la population turque d’Allemagne, tout est fait pour évoquer les lointaines plaines d’Anatolie. Le personnel est bilingue et dispense des soins aux personnes de même sexe. La nourriture, entièrement turque, respecte les habitudes alimentaires des résidents et une salle de prière est à leur disposition.
« Cela répond à une véritable demande des familles » explique Nejla Kaba-Retzlaff, la directrice de l’établissement. L’Allemagne compte en effet près de 350 000 retraités sur un total de 2,4 millions d’habitants d’origine turque. Les Gastarbeiter de la première génération ont longtemps rêvé du retour au pays natal, après plusieurs dizaines d’années de labeur. Mais pour diverses raisons, ils n’ont pu le réaliser. Beaucoup ont finalement choisi de rester ici, auprès de leurs enfants et petits-enfants.
« Nous sommes donc en présence de la première génération de personnes âgées d’origine turque qui entrent en institution » reprend la directrice. « Et cela ne va pas forcément de soi car la tradition veut que les enfants s’occupent de leurs vieux parents à domicile ». Sibel Belge, une jeune ergothérapeute, confirme : « Dans la communauté turque, tout le monde approuve cette initiative mais beaucoup de gens ont encore des réticences ou des remords à y placer leurs propres parents. »
Jusqu’à présent, les maisons de retraites ordinaires ne répondaient pas aux attentes de chacun, notamment dans le domaine de la religion. « Lors des journées portes ouvertes, j’ai rencontré une dame dont le père avait vécu ses derniers jours dans une maison de retraite allemande. Il parlait très mal allemand et peu de gens parvenaient à comprendre ses besoins. Cette dame regrettait qu’une telle structure n’ait pas existé plus tôt » poursuit la jeune femme.
Après deux semaines d’ouverture, la vie s’installe peu à peu à la Türk Huzur Evi. Trois résidents, les seuls à ce jour, dégustent des pâtisseries devant un thé tout droit sorti du samovar. 152 personnes devraient les rejoindre d’ici la fin de l’année.
Quant à savoir si la maison de retraite ne pointerait pas l’échec du modèle d’intégration allemand, Nejla Kaba-Retzlaff s’emporte : « Mais c’est bien avant qu’il fallait se poser la question ! Il est trop tard. Pour moi, c’est un droit de pouvoir vieillir dans une atmosphère agréable, avec des gens qui connaissent votre langue et votre culture ».
Aline Brachet
Voir aussi:
>> Allemagne, terre d'intégration
>> "Le regroupement de la communauté peut vraiment favoriser l'intégration"
>> Microtrottoir
>> Crimes d´honneur, crimes d´horreur
>> Quand l'Allemagne « invitait » ses travailleurs
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je voudrais savoir si possible l'adresse et le numéro de teléphone de la maison de retraite turque pour pouvoir là visiter.merci